5 - Dosimétrie et surveillance pour l’expostion interne
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niveaux d’activité permet à la mesure des excrétas de détecter l’activité incorporée avec
une grande sensibilité.
La mesure directe offre l’avantage d’une estimation rapide et pratique de l’activité totale
dans le corps ou dans une partie du corps au moment de la mesure. Elle est moins dépendante des modèles biocinétiques que les mesures indirectes, et donc préférable lorsqu’elle
est possible et suffisamment sensible. Néanmoins, elle souffre d’incertitudes d’étalonnage
plus importantes et implique une procédure plus contraignante pour le travailleur.
La mesure de l’activité en suspension dans l’air peut se faire par le moyen d’un filtre
statique mesurant la contamination ambiante (SAS) ou d’un filtre personnel porté par le
travailleur (PAS) (voir chapitre 13). Le résultat de cette mesure ne permet pas de faire une
estimation dosimétrique précise et ne devrait pas être utilisé seul lorsque la dose est
susceptible de dépasser 1 mSv. En revanche, la caractérisation de la contamination
aérienne peut permettre d’obtenir des informations sur la granulométrie des aérosols qui
sont utiles pour l’évaluation de la dose.
Enfin, chaque technique de mesure possède une limite de détection (LD), prenant en
compte différents paramètres tels que la présence de substances radioactives naturelles,
les fluctuations statistiques de comptage ainsi que différents facteurs relatifs à la préparation des échantillons. Le tableau 5.1 indique les modèles biocinétiques les plus importants
et les techniques de mesure couramment utilisées pour divers radioéléments suivant leur
forme chimique, qui les rend plus ou moins transférables au sang.
5.2.2.2. Intervalle de surveillance
Le choix de l’intervalle de surveillance de routine est le résultat d’un compromis entre
l’incertitude sur l’estimation de la dose résultant d’une date d’incorporation inconnue mais
restreinte à la durée de l’intervalle et le coût des mesures. Ce compromis dépend de la
sensibilité de la technique de mesure (exprimée en terme de LD) et de la cinétique de
rétention ou d’excrétion du contaminant, qui est elle-même fonction du radioélément et
de sa forme chimique.
Tableau 5.1. Correspondance entre les radionucléides, les modèles et les mesures.
Radionucléides
Modèle
Mesure
Émetteurs X et γ
– formes peu transférables
60 Co, 226 Ra, 235 U, 241 Am,
239 Pu…
– formes transférables :
– 137 Cs
– 131 I
rétention pulmonaire
rétention systémique
directe
activité thoraco-pulmonaire
spectrométrie X, γ
activité corporelle
spectrométrie γ
activité d’un organe (thyroïde) spectrométrie γ
Émetteurs α, β
– formes transférables
3 H, 14 C, 90 Sr, 137 Cs…
– formes peu transférables
actinides (nitrates, oxydes…)
excrétion urinaire
excrétion fécale
indirecte
activité des urines + spectrométrie
activité des selles + spectrométrie
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