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Radioprotection et ingénierie nucléaire
5.2. Stratégie de surveillance
5.2.1. Moyens et objectifs d’un programme
de surveillance
L’objectif général des programmes de surveillance opérationnelle est l’évaluation des
conditions au poste de travail et des expositions individuelles. L’évaluation des doses
reçues par les travailleurs régulièrement ou potentiellement exposés aux radiations par
l’incorporation de matières radioactives constitue une partie intégrante de tout programme
de radioprotection. Pour ce faire, les techniques couramment employées sont la mesure
directe des radioéléments dans le corps entier ou dans des organes spécifiques, la mesure
des radioéléments dans les excrétas et la mesure de prélèvements d’air ambiant.
Un programme de surveillance doit s’assurer du respect de la part liée à la contamination
interne dans la limite de dose efficace de 20 mSv engagée suite aux expositions annuelles.
On peut définir, à partir de cette limite de dose annuelle :
– un niveau d’enquête, désignant une valeur de dose efficace engagée au-delà de laquelle
un résultat de surveillance est considéré comme suffisamment important pour justifier une
étude approfondie des conditions d’exposition,
– un niveau d’enregistrement au-delà duquel la valeur de dose est inscrite dans le dossier
individuel du travailleur,
– des niveaux dérivés qui sont les valeurs limites des quantités mesurées dans le
programme de surveillance (activité retenue, excrétée ou concentration dans l’air) impliquant un dépassement de la limite de dose annuelle, du niveau d’enquête ou du niveau
d’enregistrement.
On distingue la situation de surveillance de routine, qui vise à détecter chez des
travailleurs potentiellement exposés la survenue éventuelle d’une contamination par le
moyen de mesures d’activité à intervalles réguliers, de la surveillance spéciale qui vise à
estimer les conséquences dosimétriques d’un incident avéré.
La diversité des situations pratiques rencontrées (émissions et formes physico-chimiques
des radionucléides, degré de confinement, fréquence des contaminations…) conduit à
envisager différents choix des paramètres du programme de surveillance : il faut choisir en
particulier la ou les techniques de mesure adaptée(s) ainsi que la durée de l’intervalle de
surveillance de routine permettant de détecter un niveau minimum d’incorporation avec
une incertitude suffisamment réduite. Dans le cadre de la surveillance spéciale, on adapte,
en général, le nombre de mesures d’activité, les moyens mis en œuvre pour caractériser
les conditions d’exposition et la précision du calcul de dose proportionnellement au
niveau de dose supposé après une première estimation.
5.2.2. Choix d’un programme de surveillance
5.2.2.1. Type de mesure
La mesure des radioéléments dans les excrétas reflète la vitesse d’élimination du corps des
substances radioactives par voie urinaire ou fécale et doit être reliée à l’incorporation par
un modèle biocinétique qui induit en général une large incertitude dans l’estimation de la
dose engagée. Cependant, la capacité des analyses radiochimiques à détecter de faibles
Radioprotection et ingénierie nucléaire
5.2. Stratégie de surveillance
5.2.1. Moyens et objectifs d’un programme
de surveillance
L’objectif général des programmes de surveillance opérationnelle est l’évaluation des
conditions au poste de travail et des expositions individuelles. L’évaluation des doses
reçues par les travailleurs régulièrement ou potentiellement exposés aux radiations par
l’incorporation de matières radioactives constitue une partie intégrante de tout programme
de radioprotection. Pour ce faire, les techniques couramment employées sont la mesure
directe des radioéléments dans le corps entier ou dans des organes spécifiques, la mesure
des radioéléments dans les excrétas et la mesure de prélèvements d’air ambiant.
Un programme de surveillance doit s’assurer du respect de la part liée à la contamination
interne dans la limite de dose efficace de 20 mSv engagée suite aux expositions annuelles.
On peut définir, à partir de cette limite de dose annuelle :
– un niveau d’enquête, désignant une valeur de dose efficace engagée au-delà de laquelle
un résultat de surveillance est considéré comme suffisamment important pour justifier une
étude approfondie des conditions d’exposition,
– un niveau d’enregistrement au-delà duquel la valeur de dose est inscrite dans le dossier
individuel du travailleur,
– des niveaux dérivés qui sont les valeurs limites des quantités mesurées dans le
programme de surveillance (activité retenue, excrétée ou concentration dans l’air) impliquant un dépassement de la limite de dose annuelle, du niveau d’enquête ou du niveau
d’enregistrement.
On distingue la situation de surveillance de routine, qui vise à détecter chez des
travailleurs potentiellement exposés la survenue éventuelle d’une contamination par le
moyen de mesures d’activité à intervalles réguliers, de la surveillance spéciale qui vise à
estimer les conséquences dosimétriques d’un incident avéré.
La diversité des situations pratiques rencontrées (émissions et formes physico-chimiques
des radionucléides, degré de confinement, fréquence des contaminations…) conduit à
envisager différents choix des paramètres du programme de surveillance : il faut choisir en
particulier la ou les techniques de mesure adaptée(s) ainsi que la durée de l’intervalle de
surveillance de routine permettant de détecter un niveau minimum d’incorporation avec
une incertitude suffisamment réduite. Dans le cadre de la surveillance spéciale, on adapte,
en général, le nombre de mesures d’activité, les moyens mis en œuvre pour caractériser
les conditions d’exposition et la précision du calcul de dose proportionnellement au
niveau de dose supposé après une première estimation.
5.2.2. Choix d’un programme de surveillance
5.2.2.1. Type de mesure
La mesure des radioéléments dans les excrétas reflète la vitesse d’élimination du corps des
substances radioactives par voie urinaire ou fécale et doit être reliée à l’incorporation par
un modèle biocinétique qui induit en général une large incertitude dans l’estimation de la
dose engagée. Cependant, la capacité des analyses radiochimiques à détecter de faibles
