Intro duc tion à la recherche opé ra tion nelle
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pour échap per à sa com pé tence : les don nées, néces saires à ses études, étaient com ­
plètes et fiables ; enfin il réser vait la déci sion à l’état­major (il n’y eut pas de subs ti ­
tution de pou voir : son équipe ne s’est pas arrogé le pou voir de déci sion. L’ami rauté
bri tan nique res tait libre d’adop ter les conclu sions des tra vaux de Blackett et de son
équipe, ou bien de les reje ter). Ces règles s’appliquent encore aujourd’hui, et font
par tie de la déon to lo gie de la recherche opé ra tion nelle d’entre prise.
Dès la fin des hos ti li tés, furent ten tés de nom breux essais d’appli ca tion à l’éco no ­
mie indus trielle des méthodes jus qu’alors éprou vées seule ment par les états­ majors
alliés. Depuis les années cin quante, nombre de publi ca tions scien ti fiques et tech ­
niques témoignent de leur réus site et de leurs heu reux déve lop pe ments.
C’est pour quoi l’on peut légi ti mement se demander pour quoi l’appa ri tion de la
recherche opé ra tion nelle d’entreprise a été si tar dive. Il est bon de citer ici quelquesunes des prin ci pales rai sons de cette nais sance labo rieuse :
a) les modèles mathéma tiques qui ont, de longue date, conquis la phy sique et, peu
à peu, bien d’autres sciences expé ri men tales, n’ont pas été accep tés d’emblée par
les spé cia listes des sciences éco no miques, par ti cu liè re ment de la micro­ économie et
sur tout de l’éco no mie d’entre prise. Il ne faut pas méconnaître que les éco no mistes
avaient quelques rai sons de sus pec ter des modèles inertes, sim plistes, rigides et abs ­
traits, d’être peu propres à repré sen ter le milieu vivant, com plexe, flexible et ter ri ­
ble ment concret de l’éco no mie. Tou te fois, dès que la connais sance éco no mique fut
suf fi sam ment avan cée et consen tit à se parer du nom de science, il fal lut bien se rendre à l’évi dence : comme dans toutes les autres sciences expé ri men tales, par ve nues
à une cer taine matu rité, le recours à la mathéma tique était incontour nable ;
b) c’est seule ment à par tir des années cin quante que les pro blèmes éco no miques sont
deve nus irré mé dia ble ment com plexes, en rai son de la taille crois sante des firmes et
de l’intri ca tion extraor di naire des liens qui les unissent entre elles ;
c) enfin, les acquis théo riques de la recherche opé ra tion nelle ne seraient rien sans la puis ­
sance de cal cul : les ordi na teurs sont indis pen sables pour résoudre les pro blèmes dans la
pra tique. Or, les pre miers ordi na teurs n’ont été com mer cia li sés qu’en 1955­1956.
À ce pro pos, il peut être utile de remar quer qu’il en va de la recherche opé ra tion ­
nelle comme des ordi na teurs. Ces der niers ont sus cité des espoirs déme su rés ou des
craintes infon dées. Il faut répé ter que la machine doit être consi dé rée comme un ins ­
tru ment, un outil au ser vice de son créa teur : l’homme. Il faut se per sua der que lorsque l’on confie à une machine l’exé cu tion d’opé ra tions qui, naguère encore étaient
l’apa nage de l’esprit humain, le carac tère de cette besogne se trans forme, du même
coup, radi ca le ment : le tra vail intel lec tuel devient un simple tra vail d’exé cu tion. Il
n’y a donc aucune chance qu’une machine dépasse un jour son auteur, bien qu’il
n’y ait pas d’impos si bi lité à ce qu’elle démontre une conjec ture, voire découvre un
théo rème inconnu (par une com bi nai son logique inat ten due...). De la même manière,
la recherche opé ra tion nelle est l’auxi liaire de la déci sion humaine : elle lui est, par
essence, subor don née et il n’existe pas plus de chance qu’elle la sup plante un jour.
C’est pour quoi on consi dère sou vent que la recherche opé ra tion nelle est une com po ­
sante majeure de l’aide à la déci sion.
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