Le rôle des métaux en biologie 237
enzymes importantes ne pourraient fonctionner. Parmi celles-ci, on
retrouve une large gamme d'hydrolases et d'enzymes redox. L'apport
alimentaire en zinc est largement suffisant et sa concentration dans les
divers tissus d'un être humain est ajustée grâce à divers mécanismes de
rétrocontrôle, impliquant éventuellement la synthèse de métallothionéines, en l'occurrence des protéines capables de séquestrer des métaux.
Des effets toxiques ne se manifestent que si des quantités élevées de
zinc sont administrées, par exemple plus de 1 g en une fo is ou plus de
100 mg par jour durant une période prolongée. Ces effets sont dus en
partie au fait que le zinc peut interférer avec le métabolisme du cuivre,
occasionnant de la sorte des symptômes de carence en cuivre. Les effets
provoqués par un apport excessif de tels métaux sont résumés dans le
tableau 14.3.
Le mercure est quant à lui extrêmement toxique, notamment parce
qu'il fo rme facilement, avec les molécules organiques, des composés
auxquels la membrane plasmique est perméable. Le méthylmercure
en est un exemple. En outre, le mercure métallique s'oxyde rapidement
en ions mercuriques (Hg 2 •). La plupart des tissus nobles de l'organisme,
c'est-à-dire ceux qui travaillent le plus activement, sont affectés défavorablement. Le système nerveux et les reins sont particulièrement
concernés. Une bonne part de nos connaissances sur les états pathologiques associés aux intoxications par le mercure provient du suivi à
long terme de personnes manipulant quotidiennement du mercure
dans le cadre de leur profession.
Tableau 14.3 Quelques effets métaboliques d'un apport excessif
de certains métaux indispensables pour les êtres humains
Métal
Chrome
Manganèse
Fer
Cobalt
Nickel
Cuivre
Zinc
Sélénium
Molybdène
Exemples d'effets délétères
dus à des taux excessifs
Cancer des poumons, dermatites (chez les mâles)
Dysfonctionnement neuronal caractérisé par une·
«marche de canard » (manganisme)
Hémochromatose (accumulation de fer dans l'organisme)
Fonction pulmonaire altérée, nausées, dysfonctionnements du cœur et de la thyroïde, anomalies sanguines
Dysfonctionnements du tractus respiratoire, cancers,
hypersensibilité au nickel
Pathologies hépatiques (souvent létales), hypertension
Biosynthèse de l'hème entravée, syndrome de carence
en cuivre
Perte des cheveux et des ongles, lésions cutanées,
délabrement dentaire
Goutte, syndrome de carence en cuivre
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