Diagnostic moléculaire des hémopathies malignes 65
« faux positifs ». La PCR en temps réel peut être facilement adaptée à une
analyse quantitative qui définira ce qu’on appelle la « charge en allèle muté »
[12]. Un pourcentage élevé d’allèle muté est retrouvée plus fréquemment dans
les PV et MFP que dans les TE. Si ce critère ne peut permettre d’étiqueter avec
certitude le type de SMP, il peut être informatif. Ainsi, une TE présentant une
forte charge d’allèle muté peut évoquer un contexte particulier : PV se présentant au diagnostic comme une TE, MFP au stade préfibrotique [13].
La recherche des mutations de la calréticuline se fait par analyse de fragments
et le pourcentage d’allèle muté est généralement supérieur à 50 % témoignant
de la survenue précoce de cette anomalie au cours du processus de leucémogénèse des TE et MFP.
Depuis 2014, dans les cas d’hyperleucocytose atypique (sans cause secondaire
et bcr-abl négative) suspects de SMP selon les critères de l’OMS, on préconise
l’exploration par séquençage des gènes CSF3-R (exon 14 du gène de récepteur
du G-CSF) et SETBP1 fréquemment mutés dans la Leucémie Chronique à
Polynucléaires Neutrophiles ou la Léucémie Myéloïde atypique BCR-ABL-.
Ces nouvelles anomalies moléculaires ont conduit Tefferi à proposer de
nouveaux critères OMS pour le diagnostic des SMP [14].
Pronostic
Des classifications stratifient selon le risque majeur : risque de thrombose
pour les PV et TE (associé à l’âge, les ATCD de thrombose et l’hyperleucocy- y y
tose) et risque de survie ou transformation leucémique pour les MFP (score IPSS
(international Prognostic Scoring Système) associant âge, anémie, hyperleucocy- y y
tose, blastes ou score D (Dynamic) IPSS ou score DIPSS+). Ces classifications
pronostiques s’accompagnent de recommandations de traitement [8, 9]. À ce jour
l’analyse qualitative ou quantitative de la mutation de JAK2 n’entre dans aucune
classification pronostique.
Néanmoins, il est admis que la présence de la mutation V617F dans les TE,
ou une charge élevée de l’allèle muté dans les PV, sont associées à un risque
doublé de thromboses veineuses (TE) ou artérielles (TE et PV). Ceci a conduit
Barbui à proposer d’introduire le critère moléculaire dans un nouveau score
évaluant le risque thrombotique (IPSET-thrombose) [15].
La mutation de la calréticuline serait associée à un risque 2 fois moindre de
thrombose dans la TE [16].
Pour les MFP, Guglielmelli a confirmé le rôle péjoratif d’une faible charge
d’allèle muté JAK2V617F sur la survie [17].
Suivi thérapeutique
L’impact de la réponse moléculaire quantitative en cours de traitement
ciblé (régression du clone JAK2 muté) sur la réponse clinique n’est pas encore
clairement défini et ne modifie pas actuellement la stratégie thérapeutique.
Les patients présentant une mutation de CALR, CSF3-R seront également
« faux positifs ». La PCR en temps réel peut être facilement adaptée à une
analyse quantitative qui définira ce qu’on appelle la « charge en allèle muté »
[12]. Un pourcentage élevé d’allèle muté est retrouvée plus fréquemment dans
les PV et MFP que dans les TE. Si ce critère ne peut permettre d’étiqueter avec
certitude le type de SMP, il peut être informatif. Ainsi, une TE présentant une
forte charge d’allèle muté peut évoquer un contexte particulier : PV se présentant au diagnostic comme une TE, MFP au stade préfibrotique [13].
La recherche des mutations de la calréticuline se fait par analyse de fragments
et le pourcentage d’allèle muté est généralement supérieur à 50 % témoignant
de la survenue précoce de cette anomalie au cours du processus de leucémogénèse des TE et MFP.
Depuis 2014, dans les cas d’hyperleucocytose atypique (sans cause secondaire
et bcr-abl négative) suspects de SMP selon les critères de l’OMS, on préconise
l’exploration par séquençage des gènes CSF3-R (exon 14 du gène de récepteur
du G-CSF) et SETBP1 fréquemment mutés dans la Leucémie Chronique à
Polynucléaires Neutrophiles ou la Léucémie Myéloïde atypique BCR-ABL-.
Ces nouvelles anomalies moléculaires ont conduit Tefferi à proposer de
nouveaux critères OMS pour le diagnostic des SMP [14].
Pronostic
Des classifications stratifient selon le risque majeur : risque de thrombose
pour les PV et TE (associé à l’âge, les ATCD de thrombose et l’hyperleucocy- y y
tose) et risque de survie ou transformation leucémique pour les MFP (score IPSS
(international Prognostic Scoring Système) associant âge, anémie, hyperleucocy- y y
tose, blastes ou score D (Dynamic) IPSS ou score DIPSS+). Ces classifications
pronostiques s’accompagnent de recommandations de traitement [8, 9]. À ce jour
l’analyse qualitative ou quantitative de la mutation de JAK2 n’entre dans aucune
classification pronostique.
Néanmoins, il est admis que la présence de la mutation V617F dans les TE,
ou une charge élevée de l’allèle muté dans les PV, sont associées à un risque
doublé de thromboses veineuses (TE) ou artérielles (TE et PV). Ceci a conduit
Barbui à proposer d’introduire le critère moléculaire dans un nouveau score
évaluant le risque thrombotique (IPSET-thrombose) [15].
La mutation de la calréticuline serait associée à un risque 2 fois moindre de
thrombose dans la TE [16].
Pour les MFP, Guglielmelli a confirmé le rôle péjoratif d’une faible charge
d’allèle muté JAK2V617F sur la survie [17].
Suivi thérapeutique
L’impact de la réponse moléculaire quantitative en cours de traitement
ciblé (régression du clone JAK2 muté) sur la réponse clinique n’est pas encore
clairement défini et ne modifie pas actuellement la stratégie thérapeutique.
Les patients présentant une mutation de CALR, CSF3-R seront également
