66 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
sensibles aux inhibiteurs de Jak2, l’avenir nous dira l’intérêt d’un suivi moléculaire.
Nouvelles cibles
D’autres mutations ont été décrites dans les SMP : TET2, ASXL1, CBL,
LNK, EZH2, IDH1/2, SF3B1, SRSF2, IKZF1 [18].
Une étude internationale analysant plus de 800 cas de MFP a mis évidence le
rôle pronostique péjoratif en terme de survie ou de risque de transformation
aiguë, de la mutation d’au moins un de ces quatre gènes ASXL1 (22 %), SRSF2
(9 %), IDH1/2 (3 %) et EZH2 (5 %) indépendamment du score DIPSS+. La
mutation ASXL1 serait la plus pertinente pour identifier les patients candidats
potentiels à la greffe allogénique, notamment dans le groupe IPSS/DIPSS+
modéré [19]. Tefferi a montré que la mutation CAL-R a un impact favorable
sur la survie, indépendamment de ASXL1 et du score DIPSS+ [20].
Syndromes lymphoprolifératifs à cellules B matures
Classification, oncogenèse et thérapeutique
La leucémie lymphoïde chronique (LLC) est le plus fréquent des Syndromes
Lymphoprolifératifs chroniques (SLP). Elle se caractérise par la prolifération
monoclonale d’une population de lymphocytes B matures qui envahissent le
sang, les organes lymphoïdes et la moelle. C’est la leucémie de l’adulte la plus
fréquente : son incidence est de à 3 à 8 / 100 000 habitants/an. Elle représente
30 % des leucémies de l’adulte et 70 % des patients ont plus de 65 ans.
L’origine de la cellule leucémique de LLC n’est pas encore clairement définie.
L’accumulation anormale de lymphocytes résulte à la fois d’une résistance à
l’apoptose et d’un excès de prolifération. Ces deux facteurs sont la conséquence d’anomalies moléculaires mais également de l’interaction de la cellule
avec son micro-environnement [21].
L’abstention thérapeutique est habituelle chez les patients présentant une
LLC de stade A de la classification de Binet, alors que les patients avec LLC
évolutive nécessitent de principe un traitement. Actuellement le choix du
traitement de première ligne repose sur l’âge, les comorbidités et la cytogénétique. Le traitement « standard » de première ligne chez les patients en bon
état général repose sur l’association d’un analogue des purines (Fludarabine),
d’un alkylant (Cyclophosphamide) et d’un anti-CD20 (Rituximab) [22]. Le
développement récent d’inhibiteurs de tyrosine kinase inhibant la voie du
BCR (B-cell receptor) tels l’Ibrutinib et l’Idelalisib pourrait faire rapidement
évoluer les stratégies thérapeutiques.
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