ADN tumoral circulant 151
tumoraux issus de la même tumeur pouvaient acquérir des mutations différentes [16]. La détection de mutations à partir d’ADN tumoral circulant
permet donc de pallier les problèmes d’hétérogénéité tumorale par détection
des mutations rares dans les sous-clones mineurs, ou dans des sous-clones
de différents sites métastatiques, qui pourraient ne pas être identifiés par
séquençage à partir d’une biopsie conventionnelle réalisée à partir d’un site
tumoral unique [16]. Il n’est en revanche pas possible pour le moment de
savoir à quel site appartiennent les mutations détectées sur de l’ADN tumoral
circulant (tumeur primitive, métastase…). De plus, il apparaît que certains
sites tumoraux relarguent plus de cellules que d’autres. Les tissus osseux par
exemple relarguent plus de cellules comparativement au tissu cérébral, ce
qui peut également ajouter des difficultés au diagnostic et à la détection de
mutations dans certaines tumeurs [16].
Les études réalisées sur ADN tumoral circulant ont été effectuées à différents
stades de la maladie afin d’établir une corrélation entre les mutations identifiées, la taille de la tumeur et le stade de la maladie [8, 9].
Des études ont mis en évidence la concordance des mutations détectées par
prise de sang et à partir de la biopsie de la tumeur primitive [8, 9]. La mise
en évidence de la concordance entre mutations trouvées par prélèvement
sanguin et biopsie solide nécessite de réaliser les prélèvements en même
temps en raison de l’évolution des caractéristiques moléculaires de la tumeur
au cours de la maladie [9]. La prise de sang doit être de plus réalisée avant
la biopsie pour éviter les phénomènes de relargage qui pourraient biaiser les
résultats obtenus.
La « biopsie liquide » apparaît donc comme le nouveau paradigme pour la caractérisation et le diagnostic moléculaire de la tumeur au cours du traitement et
la mise en évidence de résistances. Une pression de sélection associée à certains
traitements et conférant une résistance a en effet été démontrée [16]. La détection et la recherche de mutation sur ADN tumoral circulant seraient donc
essentielles dans l’évaluation de la réponse au traitement mais également permettraient l’adaptation des traitements en fonction de l’apparition des résistances
[17]. Il a notamment été mis en évidence une augmentation des mutations du
gène PIK3CA après traitement par paclitaxel, des mutations MED1 induit par
tamoxifène et trastuzumab puis par lapatinib dans le cancer du sein, ou encore
des mutations RB1 après traitement par cisplatine dans les cancers de l’ovaire,
ainsi que des mutations de EGFR après traitement par géfitinib.
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Le suivi moléculaire par biopsie liquide permettrait donc de suivre l’évolution des variations
génomiques du cancer en réponse aux thérapies [10, 17].
La mise en place de ce type d’analyse en routine serait donc une avancée
majeure dans le domaine du diagnostic moléculaire en oncologie. Cependant,
cela nécessite au préalable une standardisation des techniques afin d’assurer des
résultats de qualité et comparables entre laboratoires (procédures sur les conditions de collecte de sang, le traitement du plasma ou du sérum, le stockage, la
conservation, les conditions cliniques, les variations diurnes, etc.) [18].
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