150 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
aurait été obtenu. Ces différents points justifient l’intérêt de développer des
techniques innovantes pouvant apporter les mêmes informations que les techniques de biopsies conventionnelles, moins invasives, moins douloureuses et
moins contraignantes pour le patient.
Lors de la croissance tumorale, certaines cellules tumorales meurent et
relarguent leurs contenu dans la circulation sanguine [6, 7]. Il a été mis en
évidence que le plasma contenait une représentation de l’ensemble du génome
de la tumeur et donc les mêmes altérations géniques et épigéniques que la
tumeur dont il provient [8, 9].
Le concept de « biopsie liquide » a ainsi été développé. Ce concept consiste à
isoler de l’ADN relargué par la tumeur dans les systèmes fluides (sang, sécrétions, urine…) et de détecter les mutations somatiques [9, 10]. Le développement de cette technique assurerait ainsi un meilleur confort au patient et serait
donc plus facile à mettre en œuvre. L’ADN tumoral circulant pourrait devenir
un biomarqueur de choix dans le diagnostic, le suivi mais également dans la
théranostique des cancers.
Dans ce contexte, un certain nombre de techniques permettant la détection
d’ADN en très faible quantité dans le sang ont été développées. Ces techniques
doivent être simples à mettre en œuvre, reproductibles, peu coûteuses mais
surtout très sensibles et spécifiques. La principale difficulté rencontrée avec cette
méthode est la quantité faible d’ADN tumoral circulant pouvant être isolée et
détectée dans le sang [10, 11]. Elle représente une quantité infime de l’ADN
total circulant [11, 12], ce qui nécessite des techniques très spécifiques de
détection.
Plusieurs études ont montré que la mesure quantitative de l’ADN tumoral
permettait un monitoring de la maladie métastatique [8, 10, 13, 14]. Par
exemple, dans les cancers du sein, il apparaît que la corrélation entre les
variations du volume tumoral et le taux d’ADN tumoral circulant est meilleure qu’avec d’autres marqueurs tels que les cellules tumorales circulantes
ou le marqueur sanguin CA15-3. La spécificité serait donc supérieure pour
le diagnostic et le suivi de la maladie, notamment en termes de progression
tumorale ou métastatique dans les cancers du sein [10, 13]. L’augmentation
du nombre de copies d’ADN tumoral circulant serait donc un marqueur
plus précoce que les éléments obtenus en radiologie standard, capable de
prédire des rechutes cinq mois plus tôt [10, 13]. L’augmentation du nombre
de copies d’ADN tumoral circulant apparaît donc comme un facteur de
mauvais pronostic et possèderait un impact sur la survie globale. L’évaluation régulière du nombre de copies permettrait donc un monitoring de l’ef- f f
ficacité des thérapies anticancéreuses, qu’elles soient standards ou ciblées.
L’essor du séquençage haut débit a permis de développer nos connaissances,
de confirmer la complexité de l’hétérogénéité intratumorale et de montrer
qu’il existe de manière très vraisemblable des différences entre les tumeurs
primitives et les métastases à distance mais également entre les différents sites
métastatiques [14, 15]. Il a été mis en évidence que différents sous-clones
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