Ganglions sentinelles 145
du filet » (niveau de coupes) doivent être petites. Idéalement, pour un résultat
fiable, il faut analyser tout le ganglion avec un niveau de coupe très serré, mais
cela nécessite beaucoup de temps et ce n’est pas envisageable en pratique. Les
recommandations pour une analyse détaillée par coloration H&E et IHC sont
de réaliser des coupes tous les 150 à 300  μm de tout le ganglion. Dans ce
cas, mathématiquement, pour un ganglion de 1 000 mm de grand axe coupé
tous les 0,2  mm, le pourcentage de tissu analysé est de 5  %. Les techniques
moléculaires peuvent apporter la solution à ce problème en analysant tout le
tissu dans lequel est recherchée la métastase. Dans ce cas, il n’y a plus d’analyse
histologique conventionnelle et il faut donc avoir une confiance absolue dans la
technique moléculaire avec des études de validation qui permettent d’affirmer
la fiabilité du test. Il faut pouvoir en pratique clinique respecter des conditions
préanalytiques strictes de préparation du ganglion qui assurent la qualité du
matériel testé : une préparation du tissu avec dissection rapide et dégraissage du
ganglion, la préparation d’un lysat tissulaire homogène avec un broyage correct
de tout l’échantillon, si l’on veut des analyses quantitatives reproductibles, une
prise en charge des ganglions qui assure la conservation du marqueur moléculaire ou des marqueurs moléculaires amplifiés c’est-à-dire un traitement extemporané ou après congélation rapide du ganglion manipulé stérilement, et enfin
ne pas contaminer l’échantillon avec des cellules non tumorales mais qui expriment le marqueur moléculaire recherché. Dans ces conditions, l’analyse moléculaire doit permettre de retrouver toutes les métastases avec une incertitude
liée à la performance analytique du test moléculaire mais sans biais d’échantillonnage. Les techniques moléculaires maison sont informatives mais, du fait des
contraintes de validation, ne seront pas applicables au diagnostic. Tant qu’une
analyse exhaustive fiable standardisée des métastases dans les ganglions n’est
pas réalisée, il est difficile de tirer des conclusions sur le devenir clinique des
patients, alors pourquoi ne pas utiliser des outils d’analyse moléculaire plus standardisés et plus sensibles pour la détection des métastases et décider réellement,
en connaissance du statut ganglionnaire et des caractéristiques de la tumeur, de
la prise en charge optimale des patients ? Le prix est-il un obstacle à l’utilisation
de ces techniques ? Avec OSNA, seul test actuel sur le marché, le coût réactif se
situe entre 150 et 200 euros pour l’analyse de tous les GS d’un patient, auquel il
faut ajouter le temps technique. Pour une analyse histologique conventionnelle
d’un GS, la cotation actuelle est de 84 euros pour l’analyse extemporanée plus
histologie définitive par coloration H&E d’une coupe, pour la réalisation de
coupes supplémentaires analysées 33,6 euros, et enfin 56 euros pour une analyse
en immunohistochimie, soit 173,6 euros pour un seul GS. Si l’on ne considère
que le prix de l’analyse du GS, en comparant à la nomenclature admise pour
les techniques histologiques avec analyse extemporanée et pour en moyenne
deux GS par patient le coût est assez comparable entre l’analyse OSNA et l’histologie avec extemporané plus immunohistochimie, mais l’analyse OSNA est
incontestablement plus chère qu’une analyse histologique conventionnelle sans
analyse extemporanée. Cependant il faut également considérer que le résultat
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