144 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
ganglions de la tumeur colique [18]. Le principe consiste en l’injection dans
la pièce de colectomie d’un colorant afin de disséquer les premiers ganglions,
pour réaliser sur ces ganglions une analyse exhaustive avec OSNA. Les autres
ganglions sont fixés et étudiés selon les méthodes histologiques conventionnelles.
Le test a également été validé pour l’analyse des ganglions sentinelles des
cancers gastriques. L’étude de Yaguchi et al. [41] a montré une bonne concor
l l
-
dance avec l’analyse histologique (94,4 %) pour une sensibilité de 88,9 %
et une spécificité de 96,6 % avec le seuil de 250 copies/μL. En dehors des
tumeurs mammaires, coliques et gastriques, le test OSNA n’est pas validé avec
marquage CE pour son utilisation dans la détection des métastases ganglionnaires, mais les études de validation sont en cours pour l’analyse des ganglions
sentinelles des cancers des voies aérodigestives supérieures [42] et en développement pour les tumeurs du poumon. Dans toutes ces nouvelles indications,
l’objectif est de réduire l’investigation chirurgicale en évitant un évidement
ganglionnaire systématique en l’absence de métastase dans les ganglions sentinelles. Les seuils décisionnels du test OSNA sont à valider dans ces nouvelles
pathologies, un poster présenté à l’ASCO 2009 [43] pour les cancers épidermoïdes des voies aérodigestives supérieures mentionne un seuil décisionnel
à 300 copies/μL, soit non significativement différent de celui déjà établi à
250 copies/μL. Dans toute nouvelle indication, il faut se poser la question de
l’éligibilité du test OSNA en s’assurant que la tumeur exprime bien la CK19.
Quel avenir pour les techniques moléculaires ?
Pour mieux comprendre l’enjeu, il faut se rappeler que ces techniques moléculaires se sont développées car l’analyse histologique ne donnait pas entière
satisfaction. Tout d’abord, quelle que soit la technique histologique utilisée en
extemporané, les résultats manquaient de fiabilité pour une raison indépendante
de la qualité de l’analyse anatomopathologique, mais liée au faible échantillonnage analysé dans le peu de temps imparti. Le même problème subsiste pour
une analyse histologique définitive réalisée sur une seule coupe du ganglion.
Dans ce cas, l’échantillonnage examiné n’est pas beaucoup plus détaillé qu’en
extemporané et seule la coloration sur tissu fixé améliore la sensibilité de l’analyse. Pour cette raison, afin d’analyser les publications, il faut avoir le protocole
d’analyse histologique en détail pour mieux comprendre la pertinence des résultats. Ne pas améliorer le taux de détection de métastase par analyse histologique définitive ou très peu par rapport à une analyse extemporanée équivaut
souvent à une analyse histologique postopératoire très succincte. Le problème
est insoluble pour l’analyse histologique conventionnelle qui va « à la pêche aux
métastases ». Dans les ganglions, il faut « pêcher au bon endroit » (choisir le bon
échantillonnage) et, plus on recherche une petite métastase, plus « les mailles
ganglions de la tumeur colique [18]. Le principe consiste en l’injection dans
la pièce de colectomie d’un colorant afin de disséquer les premiers ganglions,
pour réaliser sur ces ganglions une analyse exhaustive avec OSNA. Les autres
ganglions sont fixés et étudiés selon les méthodes histologiques conventionnelles.
Le test a également été validé pour l’analyse des ganglions sentinelles des
cancers gastriques. L’étude de Yaguchi et al. [41] a montré une bonne concor
l l
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dance avec l’analyse histologique (94,4 %) pour une sensibilité de 88,9 %
et une spécificité de 96,6 % avec le seuil de 250 copies/μL. En dehors des
tumeurs mammaires, coliques et gastriques, le test OSNA n’est pas validé avec
marquage CE pour son utilisation dans la détection des métastases ganglionnaires, mais les études de validation sont en cours pour l’analyse des ganglions
sentinelles des cancers des voies aérodigestives supérieures [42] et en développement pour les tumeurs du poumon. Dans toutes ces nouvelles indications,
l’objectif est de réduire l’investigation chirurgicale en évitant un évidement
ganglionnaire systématique en l’absence de métastase dans les ganglions sentinelles. Les seuils décisionnels du test OSNA sont à valider dans ces nouvelles
pathologies, un poster présenté à l’ASCO 2009 [43] pour les cancers épidermoïdes des voies aérodigestives supérieures mentionne un seuil décisionnel
à 300 copies/μL, soit non significativement différent de celui déjà établi à
250 copies/μL. Dans toute nouvelle indication, il faut se poser la question de
l’éligibilité du test OSNA en s’assurant que la tumeur exprime bien la CK19.
Quel avenir pour les techniques moléculaires ?
Pour mieux comprendre l’enjeu, il faut se rappeler que ces techniques moléculaires se sont développées car l’analyse histologique ne donnait pas entière
satisfaction. Tout d’abord, quelle que soit la technique histologique utilisée en
extemporané, les résultats manquaient de fiabilité pour une raison indépendante
de la qualité de l’analyse anatomopathologique, mais liée au faible échantillonnage analysé dans le peu de temps imparti. Le même problème subsiste pour
une analyse histologique définitive réalisée sur une seule coupe du ganglion.
Dans ce cas, l’échantillonnage examiné n’est pas beaucoup plus détaillé qu’en
extemporané et seule la coloration sur tissu fixé améliore la sensibilité de l’analyse. Pour cette raison, afin d’analyser les publications, il faut avoir le protocole
d’analyse histologique en détail pour mieux comprendre la pertinence des résultats. Ne pas améliorer le taux de détection de métastase par analyse histologique définitive ou très peu par rapport à une analyse extemporanée équivaut
souvent à une analyse histologique postopératoire très succincte. Le problème
est insoluble pour l’analyse histologique conventionnelle qui va « à la pêche aux
métastases ». Dans les ganglions, il faut « pêcher au bon endroit » (choisir le bon
échantillonnage) et, plus on recherche une petite métastase, plus « les mailles
