142 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
métastases des GS avec une sensibilité de 91,7 % à 100 % et une spécificité
de 90,8 % à 97,1 % [30-34]. Une autre approche a permis de comparer les
résultats OSNA à ceux de l’histologie définitive dans la pratique quotidienne
au sein d’une même institution, en comparant deux populations de patientes
opérées de tumeurs du sein (T1a, T1b et T1c), l’une avec l’analyse des GS par
histologie conventionnelle, l’autre avec analyse OSNA des GS. Cette étude
a montré que le taux d’envahissement des GS était tout à fait comparable et
non statistiquement différent entre l’analyse histologique 23,4 % et l’analyse
OSNA 24,4 % [35], mettant ainsi en évidence que l’implémentation d’OSNA
en routine ne modifiait pas le taux d’envahissement des GS mais en revanche
évitait les reprises chirurgicales pour curage axillaire. Une seconde étude [36]
a récemment confirmé ces résultats, montrant également que l’utilisation de la
technique OSNA permettait de raccourcir significativement le délai de mise en
place d’un traitement adjuvant. Bien que la différence ne soit pas significative
(effectif insuffisant de petites tumeurs), OSNA semble détecter plus de métastases dans les GS des patientes présentant des petites tumeurs mammaires (T1a
et in situ). Cette constatation a soulevé la question de possibles faux positifs OSNA. La présence de cellules mammaires non tumorales dans les GS a
été évoquée mais ce phénomène est semble-t-il exceptionnel selon les études
histologiques. De plus, les cellules mammaires normales exprimant moins
la CK19 que les cellules tumorales et étant en petit nombre, il paraît peu
probable que leur présence entraîne une positivité du test OSNA. En effet,
minimum 5 000 cellules épithéliales sont nécessaires pour pouvoir être détectées par le test. D’autre part, la détection de faux positifs OSNA uniquement
pour les T1a et in situ alors que pour les tumeurs plus grosses les résultats sont
tout à fait concordants entre les deux techniques OSNA ou histologie est peu
probable. Il est envisageable que l’analyse de tout le GS permette de quantifier des cellules tumorales isolées disséminées ou de petites micrométastases
non détectées avec l’analyse histologique. L’analyse OSNA du ganglion entier
permet de connaître le volume tumoral total présent dans le ganglion et le
nombre de copies d’ARNm CK19 peut être considéré comme une variable
continue qui va permettre de le quantifier. Il a été rapporté dans une étude
récente [37] que le nombre de copies d’ARNm CK19 est un facteur prédictif
indépendant du risque d’envahissement des ganglions de curage, avec un risque
d’envahissement de plus de quatre ganglions dans le curage qui atteint 35,3 %
pour un nombre de copies d’ARNm CK19 supérieur à 100 000.
La détection des petites métastases dans les GS a-t-elle une pertinence clinique
pour le traitement des patientes opérées d’une tumeur mammaire infiltrante ?
Le sujet est largement débattu depuis la publication des résultats de l’essai
ACOSOG Z0011 [26], étude randomisée montrant qu’il n’y avait pas de différence significative en termes de survie globale et de survie sans récidive après
curage complémentaire versus pas de curage, lorsque le GS était métastatique,
s
pour des patientes bénéficiant d’une chirurgie mammaire conservatrice avec
un traitement systémique (chimiothérapie, hormonothérapie) et une radiothé-
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