122 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
possible de la cascade signalétique et ainsi d’approcher au maximum de la
véritable réponse cellulaire.
Études protéomiques
De manière identique à l’approche gène-candidat, de nombreuses études
protéomiques se sont basées sur une approche protéine-candidate pour identifier de nouveaux marqueurs protéiques de la toxicité radio-induite. La
réponse tissulaire est le siège d’activations cellulaires multiples qui débute
par la mort cellulaire précoce radio-induite, qui va elle-même induire des
réponses cellulaires diverses comme la réaction inflammatoire, l’activation
du système de coagulation ou l’activation de cellules du système cicatriciel.
La majorité des protéines impliquées dans ces mécanismes sont des protéines
sécrétées. Les nombreux avantages qui résultent de cette particularité (quantité, facilité de prélèvement…) font de ces protéines des candidats de choix
dans la recherche de marqueurs cliniques. Parmi les protéines sécrétées jouant
un rôle prépondérant dans la réponse tissulaire radio-induite, les cytokines
sont majoritaires. Un grand nombre d’entre elles ont pu être étudiées comme
marqueurs prédictifs de la toxicité radio-induite et plus particulièrement de
la radiotoxicité pulmonaire.
Le TGF`1 joue par exemple un rôle important dans l’inhibition de la prolifération des cellules épithéliales et dans la fibrogenèse, par conséquent de
nombreuses études ont essayé d’évaluer son intérêt dans la prédiction d’une
toxicité radio-induite [37-42]. Une corrélation entre l’élévation du taux de
TGF-`1 plasmatique chez des patients traités par radiothérapie pour un cancer
du poumon non à petites cellules et l’apparition d’effets secondaires a ainsi pu
être établie. D’autres cytokines, telles que les interleukines [43, 44], la KL-6
[45, 46] et les protéines du surfactant [47, 48] ont également été considérées.
Si l’ensemble de ces études louent le pouvoir prédictif réel de ces protéines,
aucune d’entre elles n’a pu obtenir de résultats suffisamment significatifs
pour une utilisation de ces marqueurs en clinique. Pour tenter de pallier ce
problème, une étude a travaillé sur un panel de 17  cytokines [49]. Malheureusement, les résultats montrent que seul le niveau d’expression de l’interleukine-8 avant le début du traitement se révèle être suffisamment significatif
pour discriminer des patients atteints d’une toxicité pulmonaire de ceux n’en
n’ayant pas développé. Aucune combinaison de plusieurs cytokines ne s’est
avérée discriminante.
D’autres protéines sécrétées (plasma ou sérum) ont également été étudiées.
C’est le cas de la citrulline, acide aminé non protéique principalement produit
par l’intestin grêle. La concentration plasmatique de la citrulline a été évaluée
dans le cadre de la prédiction de la toxicité intestinale chez des patients traités
par radiothérapie pour un cancer de la prostate ou de l’endomètre [50, 51].
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