Susceptibilité individuelle et toxicité de la radiothérapie 121
Études transcriptomiques
Dans une moindre mesure, l’étude du transcriptome commence également à être explorée. Ainsi une étude de 2006, grâce à l’utilisation de puces
à ADN complémentaire (ADNc), a pu déterminer l’expression des ARN
messagers (ARNm) de gènes impliqués dans la réparation des dommages à
l’ADN dans des lymphocytes de patients traités par radiothérapie pour un
cancer de la prostate [30]. Les résultats ont montré une différence d’expression de 19  gènes principalement impliqués dans la réparation des cassures
double brin de l’ADN et dont la surexpression est corrélée à une radiorésistance des tissus sains. Un an plus tard, la même équipe a montré que
la surexpression de l’ARNm du gène XPC, gène également impliqué dans
C C
les réparations des dommages à l’ADN, est associée à un risque plus élevé
de réactions secondaires à la radiothérapie chez des patients atteints par un
cancer de la prostate [31]. Plus récemment, une étude a tenté d’identifier une
signature d’ARNm de lymphocytes afin de discriminer des patients ayant
développé des réactions secondaires à la radiothérapie de ceux n’ayant développé aucune radiotoxicité [32]. Si à l’état basal aucun gène n’est capable
de différencier significativement les deux groupes, les auteurs ont montré
qu’après une irradiation in vitro de 5  Gy, 153  gènes avaient leur expression modifiée et 67 d’entre eux pouvaient prédire la radiosensibilité du tissu
normal par le niveau de leur réponse transcriptionnelle. La majorité de ces
gènes sont impliqués dans la régulation de l’apoptose ou du cycle cellulaire. Par ailleurs, cette équipe a également appliqué cette méthode sur des
lymphocytes transformés par le virus Epstein-Barr sans pouvoir différencier
les deux groupes de patients. Cela permet d’émettre une réserve sur l’utilisation de lignées transformées, qui, si elles sont un bon moyen d’étude, facilement accessibles, ne reflètent pas systématiquement la réalité physiologique.
Le fait que les rayonnements ionisants induisent la dérégulation d’un grand
nombre de gènes suggère également que les micro-ARN (miARN), qui
affectent aussi l’expression d’un grand nombre de gènes cibles, peuvent être
impliqués dans la réponse radio-induite. Si, à l’heure actuelle, il n’existe pas
encore d’études sur l’identification et l’évaluation d’une signature de miARN
chez des patients traités par radiothérapie, quelques études portant sur des
lignées cellulaires ont pu mettre en évidence un rôle de certains miARN dans
les mécanismes de réponse à l’irradiation des cellules normales [33-35].
Cependant, une étude de 2006 a montré que les gènes dont l’activité posttranscriptionnelle était modifiée lors d’une irradiation étaient dix fois plus
nombreux que ceux dont la transcription était affectée [36]. Ces résultats
montrent qu’une modification de l’expression génétique n’est pas nécessairement corrélée à la véritable réponse cellulaire. Cette étude démontre tout
l’intérêt d’avoir des approches complémentaires telles que la protéomique
qui pourrait permettre la détection de nombreuses protéines le plus en aval
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