120 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
La première GWAS à avoir tenté d’identifier des SNPs associés aux effets indésirables de la radiothérapie a été publiée en 2010 [27]. Elle a permis d’identifier le SNP rs2268363 localisé dans le gène FSHR (Follicle-stimulating hormone
receptor) et qui est associé à un dysfonctionnement érectile chez des patients
atteints par un cancer de la prostate et traités par radiothérapie externe. En
2011, une autre GWAS a permis d’identifier deux variants du gène PRDM1
associés au développement de tumeurs malignes secondaires chez l’enfant suite
à un traitement radiothérapeutique pour un lymphome hodgkinien [28]. Il est
cependant important de souligner que les GWAS ont une interprétation binaire
des résultats : soit l’individu est porteur de la maladie, soit il ne l’est pas. Dans
le cadre d’une évaluation de la radiotoxicité, le problème est plus complexe. Les
effets biologiques des rayonnements sont divers et difficilement assimilables à un
classement dichotomique. Ils peuvent apparaître à des temps différents (effets
précoces ou tardifs), les pathologies associées peuvent être variées et classées
différemment selon le degré de toxicité (fig. 1). La diversité de ces phénotypes
implique donc des variations génétiques rares mais nombreuses et variées et
l’analyse des données recueillies ne peut alors être pertinente que pour un très
grand nombre d’échantillons. Il est donc reconnu qu’une seule institution ne
peut réaliser elle-même une GWAS avec un résultat suffisamment significatif
et que seul un consortium international, représentant plusieurs centres, peut
aboutir au succès d’un tel travail. C’est pour cette raison qu’en 2009 un Consortium de radiogénomique a été créé, il fournit désormais un cadre adéquat pour
les études de validation des futurs GWAS [29].
Fig. 1 – Principales caractéristiques et pathologies associées aux effets secondaires de la radiothérapie
sur les tissus sains.
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