Web 2.0 et organisations : une problématique complexe
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au premier plan et relégitimées par la logique du 2.0. Certains
ouvrages récents comme Organisation 2.0 (Roulleaux Dugage,
2008) structurent leur argumentation autour des communautés :
ils présentent tout d’abord la collaboration comme « la voie de
la confi ance » (p. 61), puis les outils de collaboration comme la
technologie de cette confi ance (p. 73), pour ensuite décrire les
réseaux et les communautés comme « les structures sociales de la
confi ance » (p. 91) et aborder la façon de faire vivre au quotidien
ces réseaux et communautés (p. 131 et suiv.). Plus fondamentalement, Benkeltoum (2009) a montré que les communautés open
source relevaient d’une double généalogie : les économies de la
solidarité et les systèmes de production distribuée. Ce qui est vrai
pour les communautés open source pourrait, par hypothèse, s’appliquer au communautaire du 2.0, mais de tels fonctionnements
ne se décrètent pas, pas plus que les communautés de pratiques
telles qu’analysées par Orr (1987). L’hypothèse selon laquelle les
pratiques communautaires ne se décrètent pas est cohérente avec
l’importance que les travaux académiques accordent à l’émergent
dans la logique du 2.0.
LE 2.0 COMME RÉINTRODUCTION DE L’ÉMERGENT
AU CŒUR DES PROCESSUS : L’IMAGE DE LA STRUCTURE
INFORMELLE, AUTO-RECONFIGURABLE ET ÉVOLUTIVE
Les travaux sur le Web 2.0 ou l’entreprise 2.0 mettent fortement l’accent sur la possibilité qu’offrent les outils du Web 2.0 de
faire émerger « naturellement » les structures pertinentes : les vertus de la libre participation et les capacités des outils à tracer, guider, répertorier, mémoriser les échanges constitueraient ensemble
une « fabrique » d’agencements organisationnels d’un nouveau
genre. Cette structure émergente serait informelle, auto-reconfi -
gurable, évolutive. L’image est un condensé de mythes rationnels
(Hatchuel, 2001) : la structure apprenante, agile, fl exible, lean (en
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