Le Web 2.0 en univers gouverné 107
Certaines organisations vont également mettre en place des processus d’optimisation de leurs fonctions de développement et d’innovation (Lemasson, Hatchuel et Weil, 2006), optimisant ainsi la
création de valeur innovante.
Si l’on observe maintenant les échanges utilisant les supports du
Web 2.0, on peut y trouver des recherches d’optimisation « classiques » (productivité et pertinence du média) sur des objets dont
on peut supposer qu’ils sont déjà décrits dans le référentiel de
l’organisation (ou qu’ils pourraient l’être). On trouvera aussi de la
perte de temps (au vu des objectifs de l’organisation gouvernée),
du slack (part acceptable de relâchement, améliorant au fi nal la
productivité, mais sans objet propre), mais on observera aussi de
l’activité créatrice, de la co-conception sur des objets non encore
identifi és, soit parce que l’organisation ne les connaît pas encore,
soit parce que ceux qui travaillent dessus n’ont pas su trouver leur
description dans les référentiels existants. Une partie au moins de
ces objets peut être considérée comme la première expression de la
création de valeur pour demain.
En résumé, si la maîtrise des processus fournit la valeur actuelle,
les processus 2.0 permettent l’émergence d’une partie de la
valeur future. C’est donc un enjeu pour les managers de l’organisation gouvernée que de les capter, les suivre et les intégrer à
la chaîne de valeur lorsque c’est pertinent. Cela était déjà vrai
avant les outils du Web 2.0, mais les possibilités du 2.0, le phénomène de mode autour de ces outils, et les impératifs d’une
gestion efficace des connaissances légitiment ce retour sur la
question de l’intégration des connaissances, y compris celles qui
sont produites en excès
32 .
32 Sur cette question de la réutilisation des connaissances produites en excès,
notamment dans les processus d’innovation, voir Lemasson, Hatchuel et Weil (2006) et
Lemasson (2001).
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