102 L’impact du Web 2.0 sur les organisations
depuis longtemps relevé : rares sont les organisations qui seraient
« entièrement 1.0 », c’est-à-dire purement mécanistes au sens de
Burns et Stalker (1961). Cela reviendrait à prétendre que les plateformes sociales émergentes (emergent social platforms) n’existent
que depuis que des architectures logicielles (emergent social software
platforms) existent pour les « supporter », ce qui est historiquement
et généalogiquement contestable.
Le Web 2.0, qui a envahi la sphère privée au travers des réseaux
sociaux et des applications comme YouTube, Flickr, Skype, Google
Apps, Twitter, Facebook ou Wikis de divers types, a beaucoup modifi é la relation de l’individu à son environnement social. Introduit
en entreprise, il peut donner à chaque collaborateur la possibilité
de contribuer, créer, échanger, amender, savoir, dire, évaluer… mais
aussi d’exister davantage qu’auparavant au-delà de sa place dans
l’organigramme. Quels rôles nouveaux pour les managers, quelle
nouvelle défi nition de mission pour la gestion de collaborateurs
connectés au « nuage » ? De quels moyens se dote l’organisation
pour orienter les choix de ses managers quant aux pratiques collaboratives de leurs équipes et à la gestion de la valeur émergente
qu’ils contribuent à créer ?
II. LA GOUVERNANCE DE L’ÉMERGENT
Comme nous l’avons évoqué dans les paragraphes précédents, le
« 2.0 » fait une large place aux structures émergentes. Or, la plupart
des organisations professionnelles, celles au sein desquelles on voudrait mettre en place des pratiques « 2.0 » sont des organisations
gouvernées. Par « organisation gouvernée », nous entendons, bien
que les deux termes « organisation » et « gouverné » puissent sembler redondants, une organisation dotée d’une structure formelle,
c’est-à-dire non entièrement émergente, et visant à atteindre un
objectif prédéterminé. Nous considérerons donc des structures au
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