Le Web 2.0 en univers gouverné 101
une quinzaine d’années sur le domaine des systèmes d’information (Orlikowski, 1992). De même, le débat outil-structure s’est-il
nourri d’un certain nombre de travaux sur les outils de gestion et
leur interaction avec les organisations (Hatchuel et Molet, 1986 ;
Moisdon, 1997 ; David, 1998 ; de Vaujany et al., 2006 ; Aggeri et
Labatut, 2010).
Dans ce contexte de double évolution organisationnelle et technologique, et comme nous l’avons étudié dans la première partie, une
littérature abondante est consacrée au Web 2.0 (Musser et O’Reilly,
2006
26
), dont l’entreprise 2.0 (McAfee, 2009.) est la traduction en
organisation. De multiples exemples sont donnés d’adoption d’outils Web 2.0 dans des organisations de divers types, de l’entreprise
(McAfee, 2009 ; Roulleaux Dugage, 2008) au gouvernement (Meijer et Thaens, 2010) ou à la science
27 . Dans la plupart des cas, les
auteurs listent les outils du Web 2.0 et élaborent, le plus souvent en
prenant appui sur ce que font des entreprises pionnières, les avantages du passage au 2.0. Mais, mis à part les cas des entreprises
pionnières citées, ces travaux prennent rarement comme point de
départ un univers gouverné réel. Ils ont tendance à faire un diagnostic de l’existant qui met a priori l’accent sur les limites des
structures classiques. Ils négligent le fait que beaucoup d’informel et de communautaire existe dans les organisations. Les organisations hiérarchiques sont ainsi stylisées comme nécessairement
dépassées, et c’est à l‘aune de cette simplifi cation que sont avancés
les arguments en faveur du passage au 2.0. Des auteurs aujourd’hui
classiques (Follet, 1924 ; Barnard, 1938 ; Blau et Scott, 1962) l’ont
26 Pour la petite histoire, on attribue généralement le terme Web 2.0 à Dale
Dougherty de la société O’Reilly. Certaines sources indiquent un article de DiNucci intitulé Fragmented Future, publié en 1999.
27 L’expression « science 2.0 » devient populaire (à titre indicatif, le mot-clé donne
400 000 entrées sur Google (9/2/2011). En revanche, les bases académiques ne contiennent
que 8 (Business Source Elite + Econlit) et 39 (Science Direct) articles contenant l’expression, et aucun si l’on considère seulement les titres des articles.
une quinzaine d’années sur le domaine des systèmes d’information (Orlikowski, 1992). De même, le débat outil-structure s’est-il
nourri d’un certain nombre de travaux sur les outils de gestion et
leur interaction avec les organisations (Hatchuel et Molet, 1986 ;
Moisdon, 1997 ; David, 1998 ; de Vaujany et al., 2006 ; Aggeri et
Labatut, 2010).
Dans ce contexte de double évolution organisationnelle et technologique, et comme nous l’avons étudié dans la première partie, une
littérature abondante est consacrée au Web 2.0 (Musser et O’Reilly,
2006
26
), dont l’entreprise 2.0 (McAfee, 2009.) est la traduction en
organisation. De multiples exemples sont donnés d’adoption d’outils Web 2.0 dans des organisations de divers types, de l’entreprise
(McAfee, 2009 ; Roulleaux Dugage, 2008) au gouvernement (Meijer et Thaens, 2010) ou à la science
27 . Dans la plupart des cas, les
auteurs listent les outils du Web 2.0 et élaborent, le plus souvent en
prenant appui sur ce que font des entreprises pionnières, les avantages du passage au 2.0. Mais, mis à part les cas des entreprises
pionnières citées, ces travaux prennent rarement comme point de
départ un univers gouverné réel. Ils ont tendance à faire un diagnostic de l’existant qui met a priori l’accent sur les limites des
structures classiques. Ils négligent le fait que beaucoup d’informel et de communautaire existe dans les organisations. Les organisations hiérarchiques sont ainsi stylisées comme nécessairement
dépassées, et c’est à l‘aune de cette simplifi cation que sont avancés
les arguments en faveur du passage au 2.0. Des auteurs aujourd’hui
classiques (Follet, 1924 ; Barnard, 1938 ; Blau et Scott, 1962) l’ont
26 Pour la petite histoire, on attribue généralement le terme Web 2.0 à Dale
Dougherty de la société O’Reilly. Certaines sources indiquent un article de DiNucci intitulé Fragmented Future, publié en 1999.
27 L’expression « science 2.0 » devient populaire (à titre indicatif, le mot-clé donne
400 000 entrées sur Google (9/2/2011). En revanche, les bases académiques ne contiennent
que 8 (Business Source Elite + Econlit) et 39 (Science Direct) articles contenant l’expression, et aucun si l’on considère seulement les titres des articles.
