100 L’impact du Web 2.0 sur les organisations
I. COMMENT PILOTER  UN NUAGE ?
L’objectif de cette partie est de proposer une vision du 2.0 en
entreprise, qui permette de mieux articuler le « communautaire
émergent », qui caractérise centralement le modèle du Web 2.0,
avec les ressorts des univers organisationnels plus gouvernés. L’introduction de pratiques « 2.0 » en entreprise (cf. les cas étudiés précédemment) repose sur des évolutions des systèmes d’information
qui peuvent sembler minimes au départ – il suffi rait d’introduire
une « couche collaborative » dans le SI existant. En réalité, elles
entraînent des transformations importantes dans la représentation
de l’organisation et les paradigmes du pilotage de gestion : ontologie de la gouvernance et des structures, modélisation et gestion
de « groupes complexes », principes et modalités d’actualisation de
l’émergent en planifi é, de l’informel en formalisé.
Si le mandat d’une organisation gouvernée est avant tout de gérer
des processus de déploiement de la stratégie et d’optimiser l’engagement des moyens au service des objectifs stratégiques qui l’animent, nous tenterons donc d’éclairer ce qui pourrait lui permettre
de « piloter le nuage », de stimuler sa création de valeur, de mobiliser ses équipes à l’aide du 2.0 et d’en maîtriser l’utilisation.
L’entreprise en réseau (Castells, 1998) est un modèle organisationnel qui précède la généralisation des outils et procédures qui permettent de rendre ce modèle effectif à grande échelle. Le réseau
est d’abord une confi guration organisationnelle. C’est ce qui
explique la rapidité des interactions avec les systèmes techniques
(Web, puis Web 2.0) qui apparaissent de manière concomitante et
viennent concrétiser encore les dispositifs de gestion et l’imaginaire
du réseau
25
. La dualité des technologies, dans la lignée notamment
des travaux de Giddens sur la structuration, a été étudiée il y a
25 Sur les rapports généraux entre histoire et imaginaire, voir par exemple Legoff
(1986). Sur la concrétisation des objets techniques, voir Simondon (1958).
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