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CHAPITRE 5. DÉTERMINATION DES LIMITES DE RÉSISTANCE
et que certaines au moins de ces sollicitations dépassent la limite d'endurance.
La pièce va-t-elle résister ? Pour tenter de répondre à cette question, Palmgren
[66] a proposé en 1924 le raisonnement suivant (dans le cadre des roulements
qui, en première approximation, ont une endurance nulle) :
À la sollicitation 1 correspond par le courbe de Wöhler une durée de vie
de N 1 cycles. Après n 1 cycles, on a donc consommé une partie
n1
N1 de la
durée de vie de la pièce. On dit que la pièce a subi un dommage
D 1 =
n 1
N 1
(5.64)
Si ce dommage est inférieur à 1, la pièce résiste et si ce dommage est
supérieur à 1, la pièce se rompt 10 .
Pour la sollicitation 2, la courbe de Wöhler donne une durée de vie de N 2
cycles, donc aux n 2 cycles eectués correspond un dommage
D 2 =
n 2
N 2
L'hypothèse fondamentale de Palmgren est qu'à ce stade, on n'a plus droit
qu'à un dommage égal à (1 moins le dommage déjà consommé D 1 ), ce qui
revient à dire que pour éviter la rupture, il faut que
D 2 < 1 − D 1
Il est équivalent de dire que le dommage cumulé des deux sollicitations est
donné par
D = D 1 + D 2
et que la pièce ne sera à même de supporter les deux sollicitations successives que si ce dommage cumulé reste inférieur à l'unité.
Continuant ce raisonnement par récurrence, on obtient que pour la succession des k sollicitations décrite en (5.63), le dommage cumulé vaut
D = D 1 + . . . + D k =
k
i=1
n i
N i
et que la pièce tiendra ou se rompra selon que ce dommage est inférieur
ou supérieur à l'unité. Autrement dit, le critère de rupture est
D =
k
i=1
n i
N i
= 1
(5.65)
L'application de ce critère à tout type de fatigue, c'est à dire pas seulement aux
roulements, a été proposée par Miner [62] en 1945. Comme son article a eu plus
de retentissement que celui de Palmgren, on parle souvent du critère de Miner,
parfois du critère de Palmgrem-Miner, mais la justice voudrait qu'on l'appelle
critère de Palmgren.
10. Plus exactement, si le dommage est inférieur à 1, on est à gauche de la courbe de
Wöhler et s'il est supérieur à 1, on est à droite, ce qui correspond à des probabilités de
rupture respectivement inférieure et supérieure à la probabilité de référence de la courbe de
Wöhler. Nous adoptons ici la présentation "naïve" pour faciliter la compréhension.
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