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> questionner le maître d’ouvrage et les usagers sur la quantité réellement nécessaire
de places de parking et leur localisation.
Une place de parking enterrée coûte cher
à la fois en termes d’investissement et en
termes d’énergie grise (10 MJ/m
2
A E .an, soit
2,78 kWh/m
2
A E .an selon la ville de Lausanne). Les alternatives possibles sont, outre
l’accès aux transports en commun, la mise
en place de covoiturage, l’accès à un service
d’auto-partage, des locaux vélos sécurisés ou
un parking silo qui pourra disparaître ou être
reconverti avec le temps…
La réhabilitation
Elle permet, par rapport à une construction
neuve, de récupérer les fondations et le gros
œuvre, et donc de faire une économie d’énergie
grise de construction et de démolition, sur le
chantier, et pour le transport et le traitement
des déchets. L’étude The green building montre
que le gain en émission de gaz à effet de serre
entre une construction neuve et une réhabilitation varie entre 7 et 25 %.
On peut aussi, sans réutiliser la totalité du bâtiment existant, se poser la question de réutiliser
les fondations qui nécessitent souvent des opérations de démolition très complexes.
L’adaptabilité
C’est la capacité que le bâtiment aura à s’adapter aux évolutions des usages. Elle n’est pas
évidente à prévoir. Elle peut tout de même
être évaluée par des échanges avec le maître
d’ouvrage et les usagers. Par exemple :
> une adaptabilité à l’intérieur d’une même
fonction (un musée qui restera un musée mais
dont l’organisation spatiale pourra évoluer en
fonction du projet scientifique et culturel) ;
> une adaptabilité vers une autre fonction :
logement vers bureau ou mini équipement
(exemple de rez-de-chaussée d’immeuble),
bureau vers logements ;
> une adaptabilité aux évolutions des usagers
(handicap, vieillissement…).
Cette capacité d’adaptation doit être évaluée
en fonction de la quantité d’énergie grise
nécessaire pour permettre cette évolution et la
réaliser plus tard en regard de celle nécessaire
à une intervention lourde sur un bâtiment non
adaptable ainsi qu’en fonction des échéances
prévisibles pour cette adaptation.
7.2 - Conception
Dans son ouvrage, « La poubelle et l’architecture »
35
, Jean Marc Huyggen écrit : « La matière
grise est l’énergie la moins chère. Lorsque
nous pensons, nous organisons virtuellement
la matière physique. La dépense d’énergie du
cerveau est infime par rapport à celle qui sera
affectée à la construction. Donc plutôt que
procéder par essais et erreurs in situ, plutôt que
fabriquer et modifier pour que les formes correspondent mieux à l’usage que nous lui destinons,
plutôt qu’expérimenter en vraie grandeur, il est
plus efficace de commencer à réfléchir avec
méthode.
Le cerveau est un économiseur d’énergie : la
conception d’un projet est le premier niveau
de mise en œuvre de la matière. Le deuxième
niveau est l’expression de la pensée : un peu
plus d’énergie et de matière utilisée pour faire
un croquis. Le troisième niveau est la confrontation avec l’environnement : prendre le point
de vue des autres, vérifier les disponibilités et
les possibilités, construire un modèle à échelle
réduite. Enfin la construction définitive intervient. »
Nous avons identifié 4 axes pour diminuer
l’énergie grise à la conception :
> faire une architecture de qualité ;
> limiter la quantité de matériaux par la forme
architecturale ;
> choisir des matériaux à faible énergie grise ;
> choisir des principes de mise en œuvre à
faible énergie grise.
35 - Jean-Marc Huyggen. La poubelle et l’architecture – Vers le réemploi des matériaux. Éditions l’Impensé Actes Sud. 2008
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