L’ÉNERGIE GRISE DES MATÉRIAUX ET DES OUVRAGES
LES GuIDES
BIo-TECh
89
Faire une architecture de qualité
Une architecture de qualité, c’est à la fois une
architecture belle et qui dure.
Faire du beau pour valoriser les utilisateurs,
le maître d’ouvrage, les habitants, pour que
le bâtiment soit apprécié et entretenu. Les
exploitants de systèmes de transport collectifs
connaissent bien ce phénomène, une station
refaite qualitativement et entretenue de
manière régulière est beaucoup moins dégradée
qu’un espace laid, sombre qui ne marque pas de
considération envers son utilisateur.
Faire du durable, c’est choisir au départ des
matériaux et des équipements robustes, de
belle facture, qui vont bien vieillir, s’entretenir
facilement. La RATP, par exemple a fait le choix
de l’acier inox pour certains équipements : c’est
un matériau cher mais qui a un bel aspect de
surface, résiste à la dégradation et s’entretient
facilement.
On peut aussi adopter une stratégie différente
qui consiste à investir plus sur la maintenance
et le remplacement d’un matériau moins cher et
moins durable, par exemple pour un bardage extérieur. Mais dans ce cas, il est fondamental que
ce choix de conception soit pris en concertation
avec les équipes d’entretien/maintenance et
que les budgets nécessaires soient calculés au
stade de la conception pour guider les choix.
Limiter la quantité de matériaux par
les choix de formes, de principes
constructifs et d’esthétique
Raisonner en analyse de la valeur : apporter
de l’énergie grise là où il y a un service à
rendre et pour chaque choix structurant se
poser la question de l’utilité versus l’énergie
consommée, l’utilité étant à comprendre au
sens large : utilité fonctionnelle, ressentie,
maintenance, qualité, long terme…
Efficacité du plan
Au stade de la conception, poursuivre l’effort
d’optimisation des surfaces amorcé à la programmation. Par exemple, optimiser le rapport
surface utile / surface SHON par une optimisation des dessertes des locaux par les circulations pour ne pas multiplier ces dernières.
Efficacité de la forme
Pour l’énergie grise, il vaut mieux raisonner sur
le facteur de forme plutôt que sur la compacité.
Il existe un optimum entre forme du bâtiment
et nombre d’étages pour minimiser l’énergie
grise. Selon l’étude de la ville de Lausanne, cet
optimum varie en fonction de la taille du bâtiment. Par exemple, l’énergie grise consommée
par un bâtiment cubique de 2 000 m
2
est minimale lorsque celui-ci est organisé en 5 niveaux
(Ath/A E
36
= 1). A contrario, pour un bâtiment de
5 000 m
2
cet optimum s’observe lorsque le volume est distribué en 7 niveaux (Ath/A E = 0,73)
avec un mode constructif traditionnel.
Dans la recherche d’efficacité de la forme, on
peut aussi se poser la question de la hauteur
sous plafond. Un compromis est à trouver avec
une hauteur :
> adaptée aux usages et aux contraintes : salle
de classe/salle de motricité par exemple ;
> avec une rapport surface/hauteur harmonieux ;
> suffisante pour permettre une bonne pénétration de la lumière naturelle et éviter de
compenser son insuffisance par un complément de luminaire lui aussi consommateur
d’énergie grise puis d’énergie d’exploitation ;
> non surdimensionnée pour éviter la surconsommation inutile d’énergie grise.
Mutabilité
Réfléchir à des principes constructifs
permettant une évolution des
usages avec des travaux
36 - Ath = surface d’enveloppe, A E = surface de référence énergétique
LES GuIDES
BIo-TECh
89
Faire une architecture de qualité
Une architecture de qualité, c’est à la fois une
architecture belle et qui dure.
Faire du beau pour valoriser les utilisateurs,
le maître d’ouvrage, les habitants, pour que
le bâtiment soit apprécié et entretenu. Les
exploitants de systèmes de transport collectifs
connaissent bien ce phénomène, une station
refaite qualitativement et entretenue de
manière régulière est beaucoup moins dégradée
qu’un espace laid, sombre qui ne marque pas de
considération envers son utilisateur.
Faire du durable, c’est choisir au départ des
matériaux et des équipements robustes, de
belle facture, qui vont bien vieillir, s’entretenir
facilement. La RATP, par exemple a fait le choix
de l’acier inox pour certains équipements : c’est
un matériau cher mais qui a un bel aspect de
surface, résiste à la dégradation et s’entretient
facilement.
On peut aussi adopter une stratégie différente
qui consiste à investir plus sur la maintenance
et le remplacement d’un matériau moins cher et
moins durable, par exemple pour un bardage extérieur. Mais dans ce cas, il est fondamental que
ce choix de conception soit pris en concertation
avec les équipes d’entretien/maintenance et
que les budgets nécessaires soient calculés au
stade de la conception pour guider les choix.
Limiter la quantité de matériaux par
les choix de formes, de principes
constructifs et d’esthétique
Raisonner en analyse de la valeur : apporter
de l’énergie grise là où il y a un service à
rendre et pour chaque choix structurant se
poser la question de l’utilité versus l’énergie
consommée, l’utilité étant à comprendre au
sens large : utilité fonctionnelle, ressentie,
maintenance, qualité, long terme…
Efficacité du plan
Au stade de la conception, poursuivre l’effort
d’optimisation des surfaces amorcé à la programmation. Par exemple, optimiser le rapport
surface utile / surface SHON par une optimisation des dessertes des locaux par les circulations pour ne pas multiplier ces dernières.
Efficacité de la forme
Pour l’énergie grise, il vaut mieux raisonner sur
le facteur de forme plutôt que sur la compacité.
Il existe un optimum entre forme du bâtiment
et nombre d’étages pour minimiser l’énergie
grise. Selon l’étude de la ville de Lausanne, cet
optimum varie en fonction de la taille du bâtiment. Par exemple, l’énergie grise consommée
par un bâtiment cubique de 2 000 m
2
est minimale lorsque celui-ci est organisé en 5 niveaux
(Ath/A E
36
= 1). A contrario, pour un bâtiment de
5 000 m
2
cet optimum s’observe lorsque le volume est distribué en 7 niveaux (Ath/A E = 0,73)
avec un mode constructif traditionnel.
Dans la recherche d’efficacité de la forme, on
peut aussi se poser la question de la hauteur
sous plafond. Un compromis est à trouver avec
une hauteur :
> adaptée aux usages et aux contraintes : salle
de classe/salle de motricité par exemple ;
> avec une rapport surface/hauteur harmonieux ;
> suffisante pour permettre une bonne pénétration de la lumière naturelle et éviter de
compenser son insuffisance par un complément de luminaire lui aussi consommateur
d’énergie grise puis d’énergie d’exploitation ;
> non surdimensionnée pour éviter la surconsommation inutile d’énergie grise.
Mutabilité
Réfléchir à des principes constructifs
permettant une évolution des
usages avec des travaux
36 - Ath = surface d’enveloppe, A E = surface de référence énergétique
