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Près de deux personnes sur trois n’ont pas accès à l’électricité en Afrique subsaharienne. Lorsque les
ménages disposent d’un générateur diesel pour alimenter quelques équipements électriques – ampoules,
télévision, réfrigérateur – environ 25 % de leur revenu est utilisé pour l’achat du fuel. De même, la facture en
fuel des entreprises disposant de générateurs s’ est élevée à plus de 5 milliards de dollars en 2012. En moyenne,
les pertes de réseau sont estimées à près de 20 %. Selon les estimations de la Banque Mondiale, près de 5 %
des revenus des entreprises sont perdus faute d’accès à l’électricité, alors même que les prix de l’électricité de
la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne sont parmi les plus élevés du monde.
Ces chiffres indiquent bien à la fois les défis du secteur de l’ énergie mais également l’impact important
que peut avoir le développement des infrastructures énergétiques en Afrique, tant au niveau social
qu’économique. En effet, la justification économique des investissements dans ce secteur est immédiate, tant
au niveau des coûts évités qu’au niveau des revenus induits par la présence d’une électricité fiable et meilleur
marché, permettant également des rentabilités sur fonds propres très attractifs. Le continent connaît en
moyenne une croissance de 6 % du PIB malgré ces contraintes énergétiques fortes, avec un potentiel
d’investissement à réaliser dans les années à venir considérable. Pourtant, selon le scénario « New Policies »
de l’AIE, malgré un volume d’investissements de 46 milliards de dollars annuels dans les années à venir, plus
de 40 % de la population n’aura toujours pas accès à l’électricité en 2040.
2. Les contraintes du développement du secteur de l’électricité
On estime à vingt milliards par an les besoins d’investissements annuels dans les infrastructures
électriques que devrait fournir le secteur privé. Malgré l’ opportunité de croissance industrielle et financière que
cette somme représente pour les entreprises du secteur, il est paradoxal de voir que les investissements privés
restent limités en Afrique subsaharienne et que les projets prennent des retards de plusieurs années, lorsque
ceux-ci ne sont pas tout simplement abandonnés.
Le financement des projets de production d’électricité
Quelles que soient les technologies considérées, la problématique du financement des actifs
électriques reste la même : il s’agit de trouver la garantie adéquate pour rentabiliser les investissements réalisés
et rembourser les prêts contractés.
Dans le cadre d’un projet public, le remboursement des prêts est garanti directement par l’Etat. L’Etat
disposant d’une capacité d’endettement limitée, le nombre ou la taille des projets pouvant être réalisés selon
ce mode de financement reste limité. En particulier, les ratios prudentiels fixés par le FMI sont souvent déjà
atteints par de nombreux Etats et impliquent que l’affectation de prêts publics doit se limiter quasi
exclusivement aux secteurs où le secteur privé est totalement absent. Le cas des grands programmes
énergétiques, comme le grand programme hydraulique de l’Ethiopie ou géothermique du Kenya, font partie
de ces projets dont les risques associés sont difficilement acceptables pour le secteur privé et doivent donc
recourir largement aux financements publics.
Dans le cadre d’un projet privé, le remboursement des prêts est garanti seulement indirectement par
l’Etat. En effet, le producteur d’électricité indépendant vend sa production électrique à l’opérateur électrique
national et les revenus ainsi générés permettent de rembourser le prêt contracté pour financer la construction
du projet ainsi que de distribuer des dividendes aux actionnaires qui ont apporté les fonds propres nécessaires.
Ce mode de financement est appelé « structuré, sans recours ».
Le risque ici est celui de défaut de l’opérateur électrique : si celui-ci ne peut plus payer les factures
émises par le producteur d’électricité indépendant, les banques et investisseurs réalisent des pertes. Bien que
les opérateurs électriques soient pour la plupart détenus par les Etats, ce cas de figure peut se présenter. Ainsi
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