ce sont bien des difficultés financières qui empêchent parfois certains opérateurs d’acquérir le carburant
nécessaire pour faire fonctionner leurs générateurs, entraînant des délestages importants, comme cela a pu
être le cas au Sénégal en 2010.
La capacité des états de fournir des garanties est donc un frein majeur dans la mise en place des
financements des projets, quel que soit le mode choisi.
Les contraintes techniques et commerciales
Les promoteurs, publics ou privés, se trouvent face à des défis techniques majeurs pour structurer au
mieux leurs projets en énergies renouvelables.
D’une part, ces projets, souvent décentralisés, nécessitent des informations très détaillées concernant
la demande locale, les flux d’ énergies électriques sur les réseaux, et les prévisions de demande et de production.
Or ces informations soit n’existent pas, soit sont extrêmement délicates à obtenir/estimer. Les raisons sont
autant techniques – les opérateurs électriques ne disposent pas de tous les outils d’information nécessaires
ou bien les appareils dont ils disposent manquent de précision – que structurelles. Ainsi étant donné le faible
degré de maturité du secteur, les estimations concernant la demande latente – les consommateurs non
raccordés mais qui pourraient l’être si l’énergie électrique était disponible – ou bien encore les probabilités de
réalisation des projets de production et de transport, tout comme leur date de réalisation certaine, restent
encore difficiles à calculer.
La disponibilité de la ressource, qu’elle soit hydraulique ou fossile, locale ou à l’importation, reste
également complexe à estimer. Ainsi étant donné la croissance forte de la demande intérieure des pays
exportateurs d’électricité ou de gaz, tout comme les problèmes techniques que connaissent de nombreuses
centrales du continent ainsi que les aléas climatiques ayant influencé les débits des cours d’eau, les
exportations en électricité restent aléatoires et les minimums de puissance garantie dans les contrats tendent
à diminuer, en attendant la réalisation de nouveaux projets dans les pays exportateurs.
D’autre part, le développement des interconnexions reste encore limité, ce qui induit dans la plupart
des cas à considérer les réseaux nationaux comme des îlots électriques dont la sécurité ne peut être assurée
que par les infrastructures nationales. Cette contrainte technique freine considérablement le développement
des énergies intermittentes comme l’éolien et le solaire, et entraîne des coûts de développement plus
importants puisque des études poussées de réseau doivent être effectuées. Surtout, elle entraîne des risques
de développement accrus pour les développeurs de projets puisque, de fait, une sélection technique s’effectue
sur une base « premier arrivé, premier servi ».
Ces contraintes de développement ne sont pas encore bien comprises par tous les acteurs.
3. Vers la levée des freins au développement des énergies renouvelables
Il est possible de réaliser une rupture concernant le développement des énergies renouvelables mais
celle-ci ne peut se matérialiser que si des actions sont menées de façon conjointe – notons l’importance de la
composante temporelle – à différents niveaux, aussi bien techniques, juridiques, commerciaux que financiers
et des capacités humaines et techniques de gestion des projets et programmes.
Nous avons identifié trois axes stratégiques de développement qui permettraient d’attirer plus de
capitaux privés, à moindre coût.
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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