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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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Zoom N°3
Énergies renouvelables en Afrique subsaharienne. Freins actuels
et propositions d’actions pour attirer les capitaux privés
Par Karim Megherbi, responsable du Développement pour l’Afrique de l’Ouest chez Access Power MEA
Les scénarios énergétiques des pays de l’Afrique subsahariennes élaborés par les institutions régionales
et internationales, tout comme la plupart des schémas directeurs de ces pays, mettent essentiellement en avant
le rôle de l’ énergie hydraulique et des énergies fossiles. Dans ce cadre, le développement des interconnexions
sert essentiellement, du point de vue économique, à réaliser des économies d’ échelle en augmentant la taille
des marchés - et donc des centrales - ainsi qu’à diffuser les coûts de production les plus bas auprès des pays
voisins. Ces scénarios laissent aux énergies renouvelables – hors hydraulique – une part minoritaire.
Plusieurs institutions proposent toutefois des visions alternatives reposant notamment sur l’utilisation
massive des énergies renouvelables pour accompagner le développement économique des pays de l’Afrique
subsaharienne. Ainsi les scénarios de l’IRENA, ou bien de l’ECREEE en Afrique de l’Ouest proposent des taux
de pénétration pouvant aller jusque 20 %, et que l’essentiel des nouvelles installations à partir de 2030 se
basent sur les énergies renouvelables. Dans ce cadre, outre les rôles mentionnés précédemment dans le cas
des scénarios conventionnels et centralisés, le développement des interconnexions permet également
d’accroitre le taux de pénétration des énergies renouvelables en participant à la stabilité du réseau.
à la lecture de ces différents scénarios, nous souhaiterions revenir sur certaines contraintes inhérentes
au développement des projets énergétiques en Afrique subsaharienne et, par là, émettre des suggestions à
l’attention des politiques de développement du secteur pour attirer les capitaux privés.
1. Malgré une forte croissance du PIB, l’Afrique pourrait rester pauvre énergétiquement en 2050
Une forte croissance démographique sur tout le continent
Une croissance de la demande annuelle en énergie électrique de l’ordre de 10 % en moyenne sur le
continent a été enregistrée en Afrique subsaharienne au cours de ces dix dernières années et cette croissance
restera soutenue dans les années à venir. Elle est tirée essentiellement par la croissance démographique, qui
atteint pour certains pays des niveaux très importants. Ainsi d’ici 2050 la population devrait doubler.
Une demande en électricité essentiellement liée aux besoins du secteur résidentiel
La consommation en énergie du continent reste majoritairement localisée au niveau du secteur
résidentiel. Si en 2012 celle-ci représente en Afrique subsaharienne plus de 65 % de la consommation totale
en énergie, elle devrait toujours représenter plus de 50 % d’ici 2050 (à comparer avec l’Afrique du Nord par
exemple où ces chiffres atteignent respectivement 20 % et 25 %). Alors qu’aujourd’hui plus de 60 % de la
population du continent vit en milieu rural, l’urbanisation du continent continuera de s’accentuer et d’ici 2050
plus de la moitié de la population vivra en milieu urbain – entraînant ainsi une forte croissance de la
consommation électrique des ménages.
La forte croissance du PIB malgré un faible taux d’électrification crée des opportunités
d’investissement considérables.
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