• Si les pouvoirs publics deviennent les principaux acteurs du secteur énergétique (scénario « Symphonie »),
l’hydraulique pourra se développer, et il représentera près de 4 % du mix énergétique en 2050 (soit 1,8 EJ).
• Si, a contrario, les acteurs privés le deviennent, le développement de l’hydraulique sera considérablement freiné : sa
part dans le mix énergétique subsaharien ne passera que de 1,4 % à 1,5 % entre 2012 et 2050, pour atteindre 0,75 EJ.
Enfin, l’AIE et le CME prévoient un développement très rapide des autres énergies renouvelables (solaire,
éolien, géothermie…). Selon les projections ADEA, la demande en énergie primaire issue de ces énergies passera
probablement de 2 EJ en 2012 à 4,5 EJ en 2040 (5,3 EJ dans le scénario optimiste). La part de ces énergies dans
le mix énergétique africain deviendra non négligeable : entre 8,7 % et 8,9 % en 2050, contre 0,3 % en 2012.
• L’énergie solaire sera surtout exploitée en Afrique du Sud et en Afrique de l’Ouest (Nigeria).
• L’Afrique de l’Est connaîtra une forte augmentation de son utilisation de la géothermie.
• Enfin, l’éolien se développera en Afrique du Sud et en Afrique de l’Est.
Le CME prévoit, quant à lui, que la demande sera comprise entre 3,5 EJ (7,5 % du mix énergétique) et
3,9 EJ (7,8 %). C’est dans le scénario où le secteur privé joue le rôle le plus important que le
développement de ces énergies est le plus grand (en particulier pour l’énergie photovoltaïque).
• Production d’électricité
Alors que la production était de seulement 440 TWh par an en 2012, l’Afrique subsaharienne va
connaître une augmentation considérable de sa production. L’ADEA anticipe une production de 2 200 TWh
en 2050 (scénario « New Policies »), qui pourrait atteindre un peu plus de 3 000 TWh si le scénario « African
Century Case » de l’AIE se réalisait.
Il est important de souligner l’importance disproportionnée de l’Afrique du Sud dans la production
d’électricité de l’Afrique subsaharienne (environ 58 % de la production d’électricité en 2012).
Les projections du CME concernant la production d’électricité en Afrique subsaharienne vont dans le
même sens. La production devrait ainsi atteindre entre 2 840 TWh et 3 090 TWh en 2050, selon le scénario du
CME que l’on considère.
En 2012, l’électricité en Afrique subsaharienne était principalement générée à partir de charbon (56 %
du mix électrique) et d’énergie hydraulique (22 %). Le mix électrique en Afrique subsaharienne sera bien plus
diversifié en 2050 qu’en 2012. Ainsi, dans chacun des quatre scénarios, aucune énergie ne comptera pour
plus de 35 % du mix électrique.
Parmi les énergies fossiles, les quatre scénarios ont des conclusions similaires : le charbon et le pétrole
verront leur part décliner, tandis que le gaz deviendra un des piliers du mix électrique subsaharien.
• Concernant le charbon, sa part dans le mix énergétique devrait baisser continuellement entre 2012
et 2050 : de 56 % en 2012, sa part dans le mix énergétique passera à 22 % en 2050 selon les calculs
effectués par l’ADEA en se basant sur le scénario « New Policies » de l’AIE (la baisse est plus rapide
dans le scénario « African Century Case », avec une part de 18 %). En 2050, le CME prévoit une part
comprise entre 14 % et 16 % selon le scénario considéré.
• Le pétrole devrait à terme être beaucoup moins utilisé pour la génération électrique : les projections
2050 réalisées par l’ADEA indiquent que sa part dans le mix déclinera, atteignant 3,5 % en 2050 dans
les deux scénarios de l’AIE (contre 9 % en 2012). Le CME est lui plus catégorique, et prévoit que, à
l’horizon 2050, le pétrole ne sera plus utilisé pour générer de l’électricité, et ce dans ses deux scénarios.
• Le gaz devrait occuper une place de plus en plus importante dans le mix électrique subsaharien. Si
seulement 40 TWh sont générés grâce à des centrales aux gaz en 2012 (9 % de l’ électricité générée), cette
quantité devrait atteindre, en 2050, 664 TWh selon l’ extrapolation ADEA basée sur le scénario « New Policies»
de l’AIE (30 % du mix), et près de 950 TWh en considérant le scénario « African Century Case» (31,5 %).
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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