Cet accès à l’énergie insuffisante est à la fois cause et conséquence du faible développement
économique : 48,5 % de la population d’Afrique subsaharienne vit avec moins de 1,25 dollar par jour.
Néanmoins la situation économique de l’Afrique s’améliore, comme l’indiquent à la fois la croissance
économique forte (4,5 % en moyenne) que le continent connaît depuis une vingtaine d’années ou la hausse
des investissements directs étrangers dirigés vers l’Afrique. Ce développement, encore très dépendant des
exportations de ressources naturelles et minières, ne pourra se poursuivre et se transformer qu’avec la mise
en place d’un cadre institutionnel légal et structuré, à la fois au niveau national et au niveau régional, nécessaire
au développement des infrastructures et de l’économie.
En plus de ce défi de politique économique, l’Afrique doit faire face au défi que représente sa
démographie. La population africaine est très jeune (environ la moitié a moins de 18 ans) et continue d’augmenter,
passant de 440 millions en 1980 à près de 1,2 milliard d’individus en 2014. On estime à 330 millions le nombre
de jeunes qui arriveront sur le marché du travail dans les 15 années à venir, dont 200 millions en milieu rural.
Cette augmentation de la population, accompagnée d’une amélioration du niveau de vie et de l’ émergence d’une
classe moyenne, entraînera des besoins accrus en énergie sur l’ ensemble du territoire africain.
Enfin, si le continent africain émet peu de gaz à effet de serre (moins de 3,8 % des émissions mondiales
cumulées), il est, plus que les autres, sensible au changement climatique. L’Afrique est confrontée aux conséquences
de ce réchauffement (sécheresses, inondations, montée des eaux…) et à ses impacts sur la population africaine.
La situation par énergie
Le pétrole
L’Afrique joue un rôle croissant sur la scène internationale des hydrocarbures. Plus de la moitié des
quantités découvertes au cours des dernières années l’ont été en Afrique qui recèle environ 10 % des réserves
mondiales de pétrole. La production africaine représente également environ 10 % de la production mondiale.
Mais une très importante partie est exportée.
Même si la consommation de produits pétroliers en Afrique reste faible (inférieure à 100 millions de
tonnes par an en Afrique subsaharienne), le pétrole reste l’énergie fossile la plus utilisée en Afrique du fait de
sa grande facilité d’utilisation. Les réserves de pétrole en Afrique correspondent environ à 40 ans de production:
la majeure partie de ces réserves se situent en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. Des nouvelles
découvertes réalisées ces 10 dernières années à l’ est comme à l’ ouest du continent laissent entrevoir un nouvel
essor pour le gaz naturel et le pétrole. L’Afrique compte 47 raffineries capables en principe de raffiner 3,5
millions de barils par jour. Ces raffineries, principalement situées en Afrique du Nord, au Nigeria et en Afrique
du Sud, sont dans l’ensemble anciennes. Des projets existent mais ont du mal à se développer. L’Afrique aurait
néanmoins intérêt à se doter de capacités lui permettant de faire face à ses besoins en produits.
Exemple frappant, celui du Nigeria : « premier pays producteur de pétrole en Afrique, il connaît une
pénurie de carburant sans précédent. Du coup, le pays est tourne au ralenti car plusieurs secteurs sont touchés
par cette insuffisance. Les banques ont réduit les horaires d’ouverture et les compagnies aériennes ont dû
annuler les vols. Naturellement, le trafic routier est également réduit
1 ».
Le charbon
Les réserves africaines de charbon se trouvent principalement en Afrique du Sud et au Zimbabwe.
Avec une production annuelle d’environ 250 millions de tonnes, l’Afrique du Sud est le principal producteur
du continent : ce dernier exporte un peu plus du tiers de cette production, le reste est consommé,
principalement pour produire de l’électricité.
1 Source : BBC News mai 2015, repris par Burkina24.
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
• 8 •
Précédent

- 8/160

Suivant