et l’entretien que pour les aspects gestion : recherche et production du pétrole et du gaz, raffinage et
commercialisation des produits pétroliers, production, transport et distribution d’ électricité, production
d’énergie décentralisée en zone rurale, entretien d’installations, de véhicules, etc. ;
• gouvernance : il faut mettre en place des équipes capables de gérer le secteur dans le sens de l’intérêt
général sans pressions politiques excessives ;
• investissements : qu’ils soient publics ou privés, locaux ou étrangers, ils doivent être développés.
Dans le secteur du pétrole, il est souhaitable d’accroître la participation locale (local content). Le Nigeria,
l’Angola ou l’Afrique du Sud ont déjà imposé des contraintes dans ce domaine (part des équipements devant
être construits sur place, participation de personnel local...).
Dans le secteur du gaz, l’interdiction du torchage doit être maintenue ce qui incitera à l’utilisation du
gaz soit pour l’exportation, soit pour la production d’électricité.
C’ est sans doute dans le secteur de l’ électricité que la situation est la plus critique. Le problème n’ est pas
technique. Il est dans la volonté de mettre en place les infrastructures nécessaires. La faiblesse de la demande
entraîne un coût élevé de la production qui à son tour décourage la demande. Ce cercle vicieux doit être brisé.
Encadré 9 - Le torchage du gaz
Lors de l’extraction pétrolière de grandes quantités de gaz naturel – gaz associé - sont libérées. Une
partie de ce gaz peut être utilisée pour les besoins en énergie des installations de production.
Ce gaz peut également être réinjecté pour maintenir la pression du gisement et favoriser la production
de pétrole. Le gaz sera produit un peu plus tard. Le gaz excédentaire est ensuite commercialisé
(production d’électricité, usages résidentiels et commerciaux …).
Une part non négligeable du gaz est souvent brulée faute de pouvoir le réinjecter dans des conditions
économiques ou faute de débouchés commerciaux rentables. Ce « torchage » du gaz était
particulièrement important en Afrique subsaharienne, au Nigeria en particulier. La situation a changé
avec tout d’abord la construction des usines de liquéfaction de Bonny, qui depuis 1999 exportent des
quantités importantes de GNL vers l’Europe. Une unité de GNL fonctionne également depuis quelques
années en Guinée équatoriale et une unité a également été mise en place en Angola.
Malgré les efforts des compagnies pétrolières et du gouvernement, une partie du gaz continue à être
brulée. Le gaz brûlé au Nigeria par exemple représente une perte sèche estimée à plusieurs milliards
de dollars par an. Sur l’ensemble du continent africain, le volume annuel de gaz torchés est estimé à
40 milliards de mètres cubes
95 soit une fraction importante de la consommation d’énergie du continent.
Par ailleurs, le torchage du gaz génère d’importants rejets de C0 2 nuisant à l’environnement et à la
santé des populations locales. On retrouve également d’autres substances nocives telles que le dioxyde
de soufre ou le dioxyde d’azote. Ces produits peuvent provoquer des maladies respiratoires voire la
cécité pour les populations amenées à vivre ou à travailler à proximité des torchères.
Le Nigeria prévoit de construire des centrales électriques supplémentaires fonctionnant au gaz afin
de limiter le torchage et permettre l’utilisation de ce gaz sur les réseaux. Aux termes d’un accord avec
le gouvernement nigérian, Chevron Nigeria Ltd s’est engagé à fournir du gaz à la centrale électrique
nigériane d’Egbin. En avril 2013, la Banque mondiale a décidé d’apporter une garantie partielle des
risques à hauteur de 145 millions de dollars afin de soutenir le projet.
Soulignons que la Banque mondiale a mis en place un Partenariat mondial pour la réduction des gaz
torchés (GGFR). Il s’agit d’un partenariat public-privé regroupant des gouvernements et des compagnies
pétrolières afin de développer l’utilisation du gaz naturel lié à l’extraction pétrolière. L’Algérie (Sonatrach),
l’Angola, le Cameroun (SNH), le Gabon, le Nigéria sont partenaires du programme.
95 Banque mondiale, 2006.
adea
État des lieux
• 67 •
Précédent

- 67/160

Suivant