Le matériau terre connaît actuellement un regain d’intérêt dans les métropoles africaines suite à la
crise du logement. Contrairement au ciment, au béton ou à l’acier, la terre à l’état naturel peut être utilisée
comme matériau de construction pratiquement sans dépense d’ énergie, elle présente de nombreux avantages
environnementaux, sociaux et culturels et permet de valoriser les matériaux locaux.
1.6.3 Les usages industriels
Les usages industriels recouvrent de très nombreuses situations :
• les mines : elles sont fortement consommatrices d’électricité. Un exploitant doit s’assurer de la
présence d’une source d’électricité continue et de qualité près de la mine. Il faut renforcer les capacités
de production notamment sur les sites peu ou pas raccordés aux réseaux nationaux ;
• les cimenteries : elles peuvent consommer tous les types de combustible (y compris les pneus
usagés). Il faut recourir à une énergie qui résulte d’un optimum entre coût, disponibilité et impact sur
l’environnement ;
• les industries chimiques : elles recourent généralement au gaz et/ou aux produits pétroliers. Il faut
examiner la possibilité d’utiliser le gaz, dont le coût d’ opportunité est moins élevé, lorsque cela est possible ;
• les autres industries : elles ont recours aux ressources locales. Des audits sont à conduire pour
examiner les moyens de réduire les consommations et choisir la/les énergies les plus adaptées.
1.6.4 L’agriculture
L’agriculture est un secteur clé en Afrique : elle emploie 65 % de la population active africaine, et
participe à hauteur de 32 % au PIB africain
92 . Si la production agricole a presque triplé en 30 ans, ce secteur
connaît une stagnation de sa productivité. Ainsi, durant les 30 dernières années, la productivité d’un travailleur
agricole a augmenté d’un facteur 1,6 en Afrique, contre 2,5 en Asie
93 .
Certaines raisons à cette mauvaise performance sont liées à la question énergétique
94 :
• l’agriculture africaine est très faiblement mécanisée (en 1994, il y avait 387 ouvriers agricoles par
tracteur, contre 36 en Amérique Latine, et seulement trois en Europe) ;
• l’accès à l’eau, et donc l’irrigation, reste un problème dans de nombreux pays : seulement 4 % de la
surface agricole africaine est irriguée ;
• l’utilisation d’engrais reste faible, à moins de 20 kg par hectare (contre plus de 60 en Amérique du
Sud et près de 180 en Asie).
L’énergie est donc aujourd’hui un enjeu majeur pour le développement de l’agriculture en Afrique :
une plus forte mécanisation de l’agriculture Africaine augmenterait la demande en pétrole, l’irrigation nécessite
une fourniture en électricité et le transport de l’engrais lui aussi nécessite de l’énergie. L’agriculture pâtit encore
de la faible électrification du continent et de l’accès parfois difficile à l’énergie.
1.7 Quelques enjeux
1.7.1 Les contraintes techniques et les goulots d’étranglement
Il n’y a pas réellement de problèmes techniques. Il y a surtout des problèmes d’éducation, de formation,
de gouvernance et d’investissements :
• éducation : sensibiliser la population au coût de l’énergie, l’inciter à payer un prix – même modeste
compte tenu des faibles ressources financières de cette population – pour obtenir de l’énergie, inciter
à l’entretien des installations, en particulier pour la production d’électricité en zone rurale ;
• formation : formation de techniciens et cadres dans tous les secteurs aussi bien pour la production
92 Réunion du think-tank Énergie pour l’Afrique du 28 novembre 2013, propos d’Henri Beaussant.
93 World Bank, Fact Sheet : The World Bank and Agriculture in Africa
94 NEPAD, Agriculture in Africa, Transformation and Outlook
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
• 66 •
crise du logement. Contrairement au ciment, au béton ou à l’acier, la terre à l’état naturel peut être utilisée
comme matériau de construction pratiquement sans dépense d’ énergie, elle présente de nombreux avantages
environnementaux, sociaux et culturels et permet de valoriser les matériaux locaux.
1.6.3 Les usages industriels
Les usages industriels recouvrent de très nombreuses situations :
• les mines : elles sont fortement consommatrices d’électricité. Un exploitant doit s’assurer de la
présence d’une source d’électricité continue et de qualité près de la mine. Il faut renforcer les capacités
de production notamment sur les sites peu ou pas raccordés aux réseaux nationaux ;
• les cimenteries : elles peuvent consommer tous les types de combustible (y compris les pneus
usagés). Il faut recourir à une énergie qui résulte d’un optimum entre coût, disponibilité et impact sur
l’environnement ;
• les industries chimiques : elles recourent généralement au gaz et/ou aux produits pétroliers. Il faut
examiner la possibilité d’utiliser le gaz, dont le coût d’ opportunité est moins élevé, lorsque cela est possible ;
• les autres industries : elles ont recours aux ressources locales. Des audits sont à conduire pour
examiner les moyens de réduire les consommations et choisir la/les énergies les plus adaptées.
1.6.4 L’agriculture
L’agriculture est un secteur clé en Afrique : elle emploie 65 % de la population active africaine, et
participe à hauteur de 32 % au PIB africain
92 . Si la production agricole a presque triplé en 30 ans, ce secteur
connaît une stagnation de sa productivité. Ainsi, durant les 30 dernières années, la productivité d’un travailleur
agricole a augmenté d’un facteur 1,6 en Afrique, contre 2,5 en Asie
93 .
Certaines raisons à cette mauvaise performance sont liées à la question énergétique
94 :
• l’agriculture africaine est très faiblement mécanisée (en 1994, il y avait 387 ouvriers agricoles par
tracteur, contre 36 en Amérique Latine, et seulement trois en Europe) ;
• l’accès à l’eau, et donc l’irrigation, reste un problème dans de nombreux pays : seulement 4 % de la
surface agricole africaine est irriguée ;
• l’utilisation d’engrais reste faible, à moins de 20 kg par hectare (contre plus de 60 en Amérique du
Sud et près de 180 en Asie).
L’énergie est donc aujourd’hui un enjeu majeur pour le développement de l’agriculture en Afrique :
une plus forte mécanisation de l’agriculture Africaine augmenterait la demande en pétrole, l’irrigation nécessite
une fourniture en électricité et le transport de l’engrais lui aussi nécessite de l’énergie. L’agriculture pâtit encore
de la faible électrification du continent et de l’accès parfois difficile à l’énergie.
1.7 Quelques enjeux
1.7.1 Les contraintes techniques et les goulots d’étranglement
Il n’y a pas réellement de problèmes techniques. Il y a surtout des problèmes d’éducation, de formation,
de gouvernance et d’investissements :
• éducation : sensibiliser la population au coût de l’énergie, l’inciter à payer un prix – même modeste
compte tenu des faibles ressources financières de cette population – pour obtenir de l’énergie, inciter
à l’entretien des installations, en particulier pour la production d’électricité en zone rurale ;
• formation : formation de techniciens et cadres dans tous les secteurs aussi bien pour la production
92 Réunion du think-tank Énergie pour l’Afrique du 28 novembre 2013, propos d’Henri Beaussant.
93 World Bank, Fact Sheet : The World Bank and Agriculture in Africa
94 NEPAD, Agriculture in Africa, Transformation and Outlook
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