1.5.6 Les énergies renouvelables
La biomasse, sous sa forme la plus simple, bois et charbon de bois, joue un rôle dominant en Afrique
subsaharienne et représente plus de 50 % de la consommation d’énergie.
La consommation de bois est un handicap sérieux au développement : le temps passé à la collecte
est souvent considérable, l’utilisation du bois conduit à la désertification de certaines régions, la combustion
du bois se fait dans de mauvaises conditions et émet des polluants (particules, monoxyde de carbone …) qui
provoquent de nombreuses maladies respiratoires. Ces maladies respiratoires provoquent plus de morts (400
par jour selon l’Organisation mondiale de la santé) que le paludisme.
L’après-conférence de Bonn sur les énergies durables (2001) a eu le mérite de faire éclore plusieurs
initiatives concrètes en Afrique menées sur le plan national ou régional tels que le livre blanc de la Cédéao en
2006, la création d’Agences d’énergies renouvelables et de Maîtrise de l’énergie dans la majorité des pays
africains… Le Partenariat Afrique-UE pour l’énergie (PAEE) a fixé des objectifs quantifiables comme la
construction de 10 000 MW d’installations d’hydroélectrique, 5 000 MW de capacité éolienne et 5 000 MW de
capacité solaire d’ici 2020
87 . Ces objectifs concrets témoignent à la fois d’une considération croissante des
énergies renouvelables dans le développement énergétique et d’un potentiel encore insuffisamment exploité.
La diminution des réserves mondiales de ressources fossiles, la volatilité de leurs prix, l’augmentation
de la population et des besoins énergétiques font des énergies renouvelables une alternative crédible et
nécessaire à la réduction de la pauvreté et à la protection de l’environnement tout en garantissant un meilleur
accès des populations aux services énergétiques. Les énergies renouvelables ne pourront pas écarter
totalement l’utilisation des ressources fossiles mais elles doivent prendre une part plus importante dans le
mix énergétique africain.
Dans cette démarche de promotion des énergies renouvelables, les opérateurs privés auraient un rôle
moteur. Cela suppose l’appui des pouvoirs publics, des institutions intergouvernementales régionales (CILSS,
Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel, UEMOA, etc.), des structures de
recherche et de la société civile. Les contrats de partenariats publics privés apparaissent comme une solution
à privilégier à court et moyen terme. Quand bien même certains privés ne s’y retrouvent pas dans la gestion
de contrat de concession faute de rentabilité, certains ont pris le pari de percer les marchés africains. Ils restent
très peu nombreux comme on peut le constater.
C’ est le cas de l’Office national d’ électricité du Maroc (ONE) qui a entrepris d’ exporter son expertise dans
les pays africains car la réussite du programme marocain d’électrification rurale convainc. Ainsi, l’ONE a
remporté, en 2008, l’appel d’offres lancé par la Banque mondiale pour la construction du réseau et la
concession pour 25 ans de l’axe Saint-Louis-Dagana-Podor au Sénégal. . Un projet dont les retombées
bénéficient déjà à 360 000 personnes. L’investissement, estimé à 160 millions de dirhams, est venu concrétiser
la volonté du Maroc de devenir le premier partenaire en électrification de l’Afrique de l’Ouest, puisque déjà en
2006, l’ONE avait réussi à décrocher une concession de production de sept mégawatts (MW) à Nouadhibou,
en Mauritanie. à cela s’ajoute sa présence à Freetown, en Sierra Leone, pour une production de 15 MW. Cette
politique d’exportation de la maîtrise de l’ONE donne corps à une stratégie bien étudiée et affichée du Maroc,
visant à profiter de leurs connexions dans les réseaux, espagnol et algérien, pour se positionner comme un
carrefour énergétique entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique subsaharienne.
De même, EDF, associée à son partenaire sénégalais Matforce, a remporté la concession de KaffrineTambacounda-Kédougou fin 2010 pour une durée de 25 ans. Ce programme a démarré mi-2011. La
concession de Kaffrine-Tambacounda-Kédougou couvre une population rurale répartie sur plus de 2 000
87 Programme d’électrification rurale global, Bilan, Office national d’électricité
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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