Le solaire photovoltaïque représente un coût d’investissement élevé, surtout en site isolé (non raccordé au
réseau et utilisant des batteries de stockage). La courbe d’apprentissage historique montre que les coûts ont été
divisés par deux à l’ échelle mondiale à chaque décuplement de la production. L’ objectif est d’atteindre 2000 €/kWc
en 2020 pour les systèmes connectés au réseau, ce qui en fait toujours une énergie chère mais facile d’installation.
Le solaire thermodynamique est une opportunité intéressante en Afrique. Sur le site de Cadarache du
Commissariat français à l’énergie atomique (CEA) est actuellement étudié par la société Schneider Electric un
prototype de mini centrale solaire thermodynamique, le Microsol, capable de produire à la fois de l’électricité,
de la chaleur et de l’eau potable et capable d’alimenter 24h/24 environ 500 personnes. Il doit pouvoir produire
chaque année 50 MWh de courant électrique, 1 000 m
3 d’eau potable et environ 800 MWh par an d’énergie
thermique. Il n’émet pas de gaz à effet de serre et n’utilise pas de bois. Le Kenya a été choisi comme pays pilote
dans le but d’une commercialisation fin 2015.
L’utilisation de l’énergie éolienne est intéressante pour l’électrification au-delà d’un certain seuil de
taille unitaire des machines (passée de 20kW en 1985 à 1,5 MW aujourd’hui) et en fonction du régime des
vents. Elle est largement utilisée quand le régime des vents s’y prête (Maroc par exemple).
Les coûts d’accès et la solvabilité des ménages restent l’obstacle majeur.
L’ électrification rurale est une petite électrification, mais d’importance majeure, parce qu’infiniment
multipliée. Elle requiert donc des dispositifs institutionnels et financiers particuliers. Dans ce but, de nombreux pays
africains se sont dotés d’agences, telles l’Aser au Sénégal, l’Amader au Mali. Des expériences réussies, comme celle
du Maroc (Perg, Programme d’ électrification rurale globale) ou de l’Afrique du Sud, peuvent servir de modèle. Mais
la spécificité locale sera toujours à prendre en compte. Elle traduit le fait que l’état ne peut se désengager du secteur,
qu’il en reste un acteur principal, même si l’intervention du secteur privé est requise. Une politique de subventions
reste inévitable. Elle peut s’accompagner de subventions croisées, quand les mini réseaux qui sont mis en place
incluent de petits ensembles urbains ou de gros villages dans lesquels l’activité économique se concentre
82 .
1.5.5 5 L’électricité : l’importance des Power Pools
C’ est assez récemment, à partir de 1995, que l’ Afrique s’ est regroupée en marchés et organisations régionales:
les Power Pools. La rapide croissance de la demande en électricité sur le continent justifie cette approche.
En effet, les échanges énergétiques, au sein d’ un pool ou entre plusieurs pools, ont plusieurs avantages. Grâce à des
économies d’ échelle, le coût du KWh d’ électricité diminue. Il devient possible grâce aux pools d’avoir un mix énergétique
étendu (des échanges entre des pays produisant de l’ électricité hydraulique avec ceux produisant de l’ énergie grâce
au thermique par exemple) : cela permet d’utiliser des énergies ayant des avantages complémentaires. Enfin, ces
dispositifs apportent une certaine fiabilité aux réseaux électriques : la panne d’ une installation alimentant le réseau
se fait alors moins ressentir si le pays concerné peut importer de l’ électricité de ses voisins pendant l’incident
83 .
Une interconnexion des réseaux européen et nord-africain est en cours entre Algérie-Maroc-Espagne
et Tunisie-Italie, dont la finalisation est prévue à l’horizon 2015-2016. Toutefois la région n’ est pas encore
exportatrice nette comme l’illustre l’ exemple marocain-espagnol. Les deux pays ont lancé la construction d’un
deuxième réseau d’interconnexion électrique. En 2012, 17 % de l’ électricité consommée au Maroc était issue
d’importations venant d’Espagne
84 car la production locale coûte plus cher.
82 Telle est par exemple l’option retenue pour l’électrification de la vallée de la Sava au Nord de Madagascar, qui comporte deux petites
villes, entreprise par EDF avec le soutien du E8, avec le concours d’un opérateur privé et de l’opérateur national, Jirama, et bénéficiant
de subventions pour l’électrification des villages, financées grâce au concours de la Facilité énergie de l’Union européenne.
83 Article de Callixte Kambanda pour le site de la Banque africaine de développement http://www.afdb.org/fr/blogs/integratingafrica/post/power-trade-in-africa-and-the-role-of-power-pools-12101/
84 http://www.lavieeco.com/news/economie/17-de-l-electricite-consommee-au-maroc-provient-des-importations-d-espagne22933.html
85 Programme d’électrification rurale global, Bilan, Office national d’électricité
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
• 58 •
réseau et utilisant des batteries de stockage). La courbe d’apprentissage historique montre que les coûts ont été
divisés par deux à l’ échelle mondiale à chaque décuplement de la production. L’ objectif est d’atteindre 2000 €/kWc
en 2020 pour les systèmes connectés au réseau, ce qui en fait toujours une énergie chère mais facile d’installation.
Le solaire thermodynamique est une opportunité intéressante en Afrique. Sur le site de Cadarache du
Commissariat français à l’énergie atomique (CEA) est actuellement étudié par la société Schneider Electric un
prototype de mini centrale solaire thermodynamique, le Microsol, capable de produire à la fois de l’électricité,
de la chaleur et de l’eau potable et capable d’alimenter 24h/24 environ 500 personnes. Il doit pouvoir produire
chaque année 50 MWh de courant électrique, 1 000 m
3 d’eau potable et environ 800 MWh par an d’énergie
thermique. Il n’émet pas de gaz à effet de serre et n’utilise pas de bois. Le Kenya a été choisi comme pays pilote
dans le but d’une commercialisation fin 2015.
L’utilisation de l’énergie éolienne est intéressante pour l’électrification au-delà d’un certain seuil de
taille unitaire des machines (passée de 20kW en 1985 à 1,5 MW aujourd’hui) et en fonction du régime des
vents. Elle est largement utilisée quand le régime des vents s’y prête (Maroc par exemple).
Les coûts d’accès et la solvabilité des ménages restent l’obstacle majeur.
L’ électrification rurale est une petite électrification, mais d’importance majeure, parce qu’infiniment
multipliée. Elle requiert donc des dispositifs institutionnels et financiers particuliers. Dans ce but, de nombreux pays
africains se sont dotés d’agences, telles l’Aser au Sénégal, l’Amader au Mali. Des expériences réussies, comme celle
du Maroc (Perg, Programme d’ électrification rurale globale) ou de l’Afrique du Sud, peuvent servir de modèle. Mais
la spécificité locale sera toujours à prendre en compte. Elle traduit le fait que l’état ne peut se désengager du secteur,
qu’il en reste un acteur principal, même si l’intervention du secteur privé est requise. Une politique de subventions
reste inévitable. Elle peut s’accompagner de subventions croisées, quand les mini réseaux qui sont mis en place
incluent de petits ensembles urbains ou de gros villages dans lesquels l’activité économique se concentre
82 .
1.5.5 5 L’électricité : l’importance des Power Pools
C’ est assez récemment, à partir de 1995, que l’ Afrique s’ est regroupée en marchés et organisations régionales:
les Power Pools. La rapide croissance de la demande en électricité sur le continent justifie cette approche.
En effet, les échanges énergétiques, au sein d’ un pool ou entre plusieurs pools, ont plusieurs avantages. Grâce à des
économies d’ échelle, le coût du KWh d’ électricité diminue. Il devient possible grâce aux pools d’avoir un mix énergétique
étendu (des échanges entre des pays produisant de l’ électricité hydraulique avec ceux produisant de l’ énergie grâce
au thermique par exemple) : cela permet d’utiliser des énergies ayant des avantages complémentaires. Enfin, ces
dispositifs apportent une certaine fiabilité aux réseaux électriques : la panne d’ une installation alimentant le réseau
se fait alors moins ressentir si le pays concerné peut importer de l’ électricité de ses voisins pendant l’incident
83 .
Une interconnexion des réseaux européen et nord-africain est en cours entre Algérie-Maroc-Espagne
et Tunisie-Italie, dont la finalisation est prévue à l’horizon 2015-2016. Toutefois la région n’ est pas encore
exportatrice nette comme l’illustre l’ exemple marocain-espagnol. Les deux pays ont lancé la construction d’un
deuxième réseau d’interconnexion électrique. En 2012, 17 % de l’ électricité consommée au Maroc était issue
d’importations venant d’Espagne
84 car la production locale coûte plus cher.
82 Telle est par exemple l’option retenue pour l’électrification de la vallée de la Sava au Nord de Madagascar, qui comporte deux petites
villes, entreprise par EDF avec le soutien du E8, avec le concours d’un opérateur privé et de l’opérateur national, Jirama, et bénéficiant
de subventions pour l’électrification des villages, financées grâce au concours de la Facilité énergie de l’Union européenne.
83 Article de Callixte Kambanda pour le site de la Banque africaine de développement http://www.afdb.org/fr/blogs/integratingafrica/post/power-trade-in-africa-and-the-role-of-power-pools-12101/
84 http://www.lavieeco.com/news/economie/17-de-l-electricite-consommee-au-maroc-provient-des-importations-d-espagne22933.html
85 Programme d’électrification rurale global, Bilan, Office national d’électricité
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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