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État des lieux
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leur électrification, a été un échec généralisé. Les obligations de rentabilité des compagnies privatisées les
obligent à considérer des temps de retour très courts, ce qui les amène à contourner les populations pauvres
à la solvabilité insuffisante. L’échec du système actuel ne porte pas sur l’ouverture à la concurrence de la
production, mais sur son inadéquation pour le transport et la distribution.
Le modèle suivi dans le montage des projets d’ électrification a cherché à associer des projets industriels
avec la qualité technique et économique requises et la mobilisation de grands acteurs économiques (aide
publique au développement, grandes banques). Mais les flux d’investissement sont restés faibles. Ces
conditions, certes indispensables, ne suffisent pas. Deux autres conditions sont indispensables : un cadre de
planification et de financement national plus assuré et un ancrage plus fort du côté des populations locales.
n Orientations possibles :
n développer une démarche globale d’ organisation de la desserte à trois niveaux : (i) territorial, en visant
l’ électrification du pays, (ii) technique, en associant différents modes d’ électrification (centralisé et décentralisé),
à même de valoriser le potentiel local des renouvelables et (iii) financier en mobilisant plusieurs types de
ressources de toutes les parties concernées (collectivités, nouveaux abonnés, usagers déjà connectés,
banques de développement);
n appuyer la mise en œuvre des solutions adaptées aux trois segments de bénéficiaires. La démarche
globale de programmation de la desserte se décline en effet en général autour de trois types
d’intervention :
• la desserte des centres et bourgs secondaires, réunissant les critères de forte densité de
population et de potentiel d’activités économiques, doit constituer une priorité d’intervention. Ces
programmes d’aménagement du territoire, couplant objectifs sociaux (raccordement des
infrastructures sociales et/ou foyers domestiques) et appui au développement d’activités
productives permettent à la fois d’espérer une certaine perspective de rentabilité et donc de
durabilité et une maximisation des impacts à la fois sociaux et économiques pour un niveau
d’investissement donné ;
• la desserte des zones et populations isolées, qui ne pourront jamais bénéficier de solutions de
réseau et pour lesquels les bénéficiaires ont des capacités à payer souvent limitées ;
• la desserte des populations défavorisées en zones périurbaines.
n réunir des conditions de continuité dans la durée pour s’assurer la confiance des populations et la
mobilisation des acteurs financiers ;
n s’appuyer sur une demande forte portée par les responsables politiques locaux pour mobiliser les
financements publics et bancaires nationaux ;
n accorder une place importante aux activités économiques et aux services publics fondamentaux
(agriculture, pompage, éducation, santé, artisanat, communication) afin de générer des revenus ;
n établir un cadre économique pérenne pour une contribution progressive des clients raccordés même
si des phases de transition sont nécessaires pour les populations les plus pauvres. Un clair
engagement des acteurs politiques locaux est indispensable ;
n associer les projets à des actions d’amélioration de l’efficacité énergétique pour assurer le coût – et
le prix – le plus faible possible ;
n faire émerger des entreprises locales qui assurent les installations puis leur maintenance après un
effort initial de formation ;
n organiser la gestion des projets, notamment des Sociétés de services décentralisées, afin de s’adapter en
fonction de l’ évolution des prix des énergies, des changements de contexte et de la maturation des projets.
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