Encadré 5 : Le Cap-Vert et l’énergie éolienne
74
Le Cap-Vert dispose d’un potentiel éolien exceptionnel. L’archipel, fortement dépendant des
importations énergétiques, a mis en place un projet de développement éolien, Cabeolica, sur quatre
sites (Boa Vista, Sao Vicente, Sal et Santiago) pour une production de 28MW.
Financé par la Banque africaine de développement, l’AFC (Africa Finance Corporation) et la Banque
Européenne d’Investissements, le projet devrait fournir 25 % des besoins en électricité du pays.
La réalisation du projet, d’un montant total de 84 millions de dollars, a été confiée à l’entreprise
Cabeolica sous la forme d’un contrat de partenariat public privé (PPP)
75 .
Un contrat d’achat d’électricité d’une durée de vingt ans a été permis par la garantie du gouvernement
cap-verdien et l’exemption d’impôts et de droits de douane.
• La géothermie
Le potentiel géothermique africain estimé entre 7 et 15 GW est essentiellement limité à la vallée du
Rift en Afrique centrale mais seulement 1 % du potentiel du continent est exploité. Au Kenya existe une centrale
de 125MW. La géothermie nécessite des investissements initiaux importants en raison des coûts de forage et
d’exploration mais les coûts opératoires sont faibles.
1.5.5.2 L’électricité : des mesures de privatisation inadaptées
76
Comme indiqué en note ce paragraphe est largement inspiré de l’étude de Pierre Radanne : Les
Conditions de l’accès à l’énergie.
Plus un pays a un taux d’électrification bas, plus il peine à combler son retard car les principes de
gouvernance du secteur électrique qui se sont développés depuis près de vingt ans leur sont nettement
défavorables. Lors du Sommet de Johannesburg en 2002, il avait été souligné qu’aucun pays n’avait jusqu’à
présent dans le monde assuré l’accès à l’électricité en en faisant supporter le coût directement par les
nouveaux raccordés. Pour financer les réseaux, deux modèles peuvent être utilisés :
• des compagnies nationales gérant un monopole public et s’appuyant sur le produit des impôts et
des aides extérieures pour financer les réseaux ;
• des compagnies privées bénéficiant d’une délégation de service public selon des schémas qui
peuvent varier mais qui incluent toujours une péréquation tarifaire ville/campagne et une contribution
publique et une caution de l’état ou des collectivités locales pour les investissements dans les réseaux.
Le développement de l’ électrification dans les pays en développement a été pénalisé par le changement
de gestion dans les pays industrialisés ces 20 dernières années. Dans les pays industrialisés, les réseaux étant
parvenus à maturité et toute la population étant raccordée, les réflexions se sont orientées vers l’amélioration
de la gestion. La croissance de la consommation, devenue assez faible en Amérique du Nord et en Europe, ne
nécessitait plus un mode de gouvernance qui privilégie l’investissement dans les ouvrages. La mise en
concurrence s’est aussi nourrie de la diversification des sources d’énergie et des progrès de l’électronique qui
permettent de gérer les réseaux d’une manière plus décentralisée. Elle s’est également reposée sur la
disponibilité de compétences locales variées et réactives par rapport aux besoins du marché (technique,
juridique, conseil, informatique, institutionnelle). Ce mouvement de privatisation a été conceptualisé, imposé
et généralisé notamment par la Banque mondiale. Sa transposition aux pays africains, qui n’avaient pas achevé
74 Source : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/2013-02 12_Assises_Chantier_5_TR3_CABEOLICA_Eolien_IPP_cle8a269d.pdf
75 En droit français, un contrat de partenariat public privé est « un contrat administratif par lequel l’État ou un établissement public de
l’État confie à un tiers, pour une période en fonction de la durée d'amortissement des investissements ou des modalités de financement retenues, une mission globale ayant pour objet la construction ou la transformation, l'entretien, la maintenance, l'exploitation
ou la gestion d'ouvrages, d'équipements ou de biens immatériels nécessaires au service public, ainsi que tout ou partie de leur financement à l'exception de toute participation au capital. », Ordonnance n° 2004-559 du 17 juin 2004 sur les contrats de partenariat
76 Pierre Radanne : Les conditions de l’accès à l’énergie.
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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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