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Entretien Lionel Taccoen
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En plus de ces pays, l’effort chinois se concentre sur le Cameroun, le Zimbabwe, les deux Guinée et les
deux Congo.
• La Chine, investisseur leader en Afrique
La Chine a déjà fortement développé son secteur électrique. D’ici 2020, la Chine disposera d’une
production électrique de 8 000 TWh, soit entre 12 et 15 fois la production française actuelle.
« Les Chinois sont techniquement excellents, estime Lionel Taccoen. Ils ont la meilleure technologie du
monde dans plusieurs domaines, comme les lignes à haute tension, et particulièrement pour le transport
d’électricité à très longue distance. Dans le domaine de l’hydroélectricité, ils ont une production qui est
supérieure à la production totale française en électricité ».
La Chine a toujours donné une priorité à l’électricité, considérant que d’avoir une électricité fiable,
abondante et pas chère est une condition préalable du décollage économique.
• Des priorités différentes pour la Chine
La Chine estime que l’Afrique subsaharienne est dans la même situation qui était la sienne il y a 30
ans. La Chine a développé son réseau électrique suivant un schéma classique (thermique 75-80 % et
hydraulique 20 %) et interconnecté, sans se poser de questions idéologiques : il faut de l’électricité, donc il faut
en produire. Il faut comparer cette approche à celle de l’Union Européenne et d’une grande partie des pays
européens, pour qui les grands principes pour l’Afrique sont la décentralisation ; la priorité au rural et aux
énergies renouvelables.
Lionel Taccoen a souligné ce rôle particulier de la Chine à travers l’exemple de l’Ethiopie et le méga
projet du barrage Renaissance.
Après les années Mengistu, Meles Zenawi qui prend la tête de l’Ethiopie souhaite exploiter le potentiel
hydraulique de son pays. Sa politique commence vraiment à partir de 2000 (après la guerre contre l’Erythrée).
Meles Zenawi avait deux problèmes :
• le problème de financement ;
• le problème du partage des eaux du Nil avec l’Egypte.
Auparavant, plusieurs barrages avaient été construits grâce au financement de l’Union Européenne,
de la Banque Européenne d’Investissement, etc… Il n’y avait que deux barrages jusqu’en 2000.
En 2005, le gouvernement Ethiopien lance un ambitieux plan d’électrification sur 25 ans. Un certain
nombre d’ONG attaquent violemment les financements occidentaux. Suite à une campagne de lobbying, ils
réussissent à couper presque tous les financements occidentaux pour le barrage Gilbel Gibe 2. Cela stoppe le
plan hydraulique éthiopien.
Les Chinois prennent alors le relais et financent.
On ne trouve pas de documents détaillant les investissements chinois en Afrique, mais l’éthiopie est
le plus grand récipiendaire de financements chinois. Par exemple, le barrage éthiopien sur le Tekezé :
officiellement, la Chine a financé à hauteur de 40 millions de dollars, mais des sources taiwanaises indiquent
que l’ouvrage a été intégralement financé par Pékin (224 millions de dollars). Autre exemple : Gilbel Gibe 3 (en
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