• Entretien avec Lionel Taccoen
Lionel Taccoen est président de Global Electrification, association qui a pour but l’information sur les
systèmes électriques à travers le monde. Contrôleur Général d’EDF honoraire, Lionel Taccoen est Directeur de
la lettre Géopolitique de l’Electricité. Dans cet entretien, il développe le rôle éminent de la Chine pour
l’électrification de l’Afrique aujourd’hui.
• Les trois Afriques de l’électricité
« Aujourd’hui il y a trois Afriques du point de vue niveau de développement en infrastructures
électriques, estime Lionel Taccoen : l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne (sans l’Afrique du Sud) et l’Afrique
du Sud.
L’Afrique du Sud est un pays moderne. Le gouvernement, pour des raisons sociales et politiques, n’a
pas voulu augmenter les prix de l’électricité depuis un certain nombre d’années, ce qui a eu des conséquences
néfastes, difficiles à rattraper aujourd’hui. En Afrique du Nord, la situation n’est pas idéale mais le problème
de l’ électricité est plutôt avancé. Entre les deux, en Afrique subsaharienne, l’ électricité est un problème de taille.
• Les financements nécessaires
Le PNUD estime qu’il faudrait 700 milliards de dollars pour fournir de l’électricité aux 1,2 milliard de
personnes qui ne disposent pas d’un accès à l’électricité dans le monde. Spécifiquement, il faudrait 400
milliards pour l’Afrique subsaharienne où se trouvent plus de 600 millions de personnes sans accès
actuellement, dans un contexte de doublement de la population subsaharienne d’ici 2050.
Pour sa part, l’Agence Internationale de l’Energie estime l’aide nécessaire à 20 milliards de dollars par
an de plus que l’effort actuel d’ici 2030.
Il est difficile de trouver des données chiffrées concernant les financements chinois. Selon les calculs
d’AidData, entre 2000 et 2012, les financements dans le domaine de l’ électricité pour toute l’Afrique ont été de:
• 16 milliards de dollars pour la Chine (41 % des financements) ;
• sept milliards de dollars pour l’UE (19 % des financements) ;
• ½ milliard de dollars pour les Etats-Unis (moins de 1 % des financements).
Sur les 16 milliards de financements chinois, il n’y avait presque rien à destination de l’Afrique du
Nord ou de l’Afrique du Sud. Par contre, 40 % des sept milliards européens et 30 % du demi milliard américain
sont destinés à l’Afrique du Nord.
Les chinois se concentrent donc sur l’Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud) et sur les domaines
suivants :
• 61 % des financements pour l’hydroélectricité ;
• 16 % pour le thermique ;
• 5 % pour l’électrification rurale ;
• 4 % pour les énergies renouvelables ;
• 15 % pour les lignes.
Dans ces 16 milliards, 4 pays ont reçu plus de 1,5 milliard de dollars chacun : l’éthiopie (3,8 milliards),
les deux Soudan (3,1 milliards), le Nigéria (1,9 milliard) et le Ghana (1,6 milliard).
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
• 150 •
Lionel Taccoen est président de Global Electrification, association qui a pour but l’information sur les
systèmes électriques à travers le monde. Contrôleur Général d’EDF honoraire, Lionel Taccoen est Directeur de
la lettre Géopolitique de l’Electricité. Dans cet entretien, il développe le rôle éminent de la Chine pour
l’électrification de l’Afrique aujourd’hui.
• Les trois Afriques de l’électricité
« Aujourd’hui il y a trois Afriques du point de vue niveau de développement en infrastructures
électriques, estime Lionel Taccoen : l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne (sans l’Afrique du Sud) et l’Afrique
du Sud.
L’Afrique du Sud est un pays moderne. Le gouvernement, pour des raisons sociales et politiques, n’a
pas voulu augmenter les prix de l’électricité depuis un certain nombre d’années, ce qui a eu des conséquences
néfastes, difficiles à rattraper aujourd’hui. En Afrique du Nord, la situation n’est pas idéale mais le problème
de l’ électricité est plutôt avancé. Entre les deux, en Afrique subsaharienne, l’ électricité est un problème de taille.
• Les financements nécessaires
Le PNUD estime qu’il faudrait 700 milliards de dollars pour fournir de l’électricité aux 1,2 milliard de
personnes qui ne disposent pas d’un accès à l’électricité dans le monde. Spécifiquement, il faudrait 400
milliards pour l’Afrique subsaharienne où se trouvent plus de 600 millions de personnes sans accès
actuellement, dans un contexte de doublement de la population subsaharienne d’ici 2050.
Pour sa part, l’Agence Internationale de l’Energie estime l’aide nécessaire à 20 milliards de dollars par
an de plus que l’effort actuel d’ici 2030.
Il est difficile de trouver des données chiffrées concernant les financements chinois. Selon les calculs
d’AidData, entre 2000 et 2012, les financements dans le domaine de l’ électricité pour toute l’Afrique ont été de:
• 16 milliards de dollars pour la Chine (41 % des financements) ;
• sept milliards de dollars pour l’UE (19 % des financements) ;
• ½ milliard de dollars pour les Etats-Unis (moins de 1 % des financements).
Sur les 16 milliards de financements chinois, il n’y avait presque rien à destination de l’Afrique du
Nord ou de l’Afrique du Sud. Par contre, 40 % des sept milliards européens et 30 % du demi milliard américain
sont destinés à l’Afrique du Nord.
Les chinois se concentrent donc sur l’Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud) et sur les domaines
suivants :
• 61 % des financements pour l’hydroélectricité ;
• 16 % pour le thermique ;
• 5 % pour l’électrification rurale ;
• 4 % pour les énergies renouvelables ;
• 15 % pour les lignes.
Dans ces 16 milliards, 4 pays ont reçu plus de 1,5 milliard de dollars chacun : l’éthiopie (3,8 milliards),
les deux Soudan (3,1 milliards), le Nigéria (1,9 milliard) et le Ghana (1,6 milliard).
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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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