adea
Entretien Gérard Malengé
• 149 •
pouvoir investir massivement dans des nouveaux moyens de production (charbon, gaz et nucléaire) faute de
revenus suffisants. Aujourd’hui, le pays aurait intérêt à exporter plus de charbon dédié à l’électricien à prix de
marché proche de 50 dollars la tonne, et utiliser cette rente pour soutenir le développement de son programme
ambitieux d’énergies renouvelables de 8000MW (50 % éolien / 50 % solaire).
Néanmoins, les conditions ne sont pas idéales :
• Il n’y a pas de foisonnement pour l’éolien installé sur le littoral entre Durban et Cape Town,
• Le solaire fournit très bien en été, mais la pointe de la demande est en hiver. En hiver, il n’y a plus de
soleil après 16h, et la pointe de consommation est vers 20 heures. Il faut de ce fait réaliser des
stockages (sodium ou STEP) pour restituer la puissance 6 ou 9 heures plus tard, ce qui est beaucoup
plus coûteux.
L’insertion des énergies renouvelables sera beaucoup plus difficile et coûteuse dans le système
électrique de l’Afrique du Sud (8000MW) que dans celui du système marocain (4000MW) bien que
proportionnellement plus important.
• Quelle vision pour l’énergie en 2050 ?
Pour Gérard Malengé, le premier facteur, c’est la démographie. Certaines zones vont voir leur
population faiblement augmenter (Maroc, Afrique du Sud…), d’autres exploser (RDC, éthiopie, Nigeria…). Il va
falloir fournir de l’énergie, et en particulier de l’électricité, à ces populations (en prenant aussi en compte
l’augmentation des taux d’électrification). Les découvertes de gaz joueront un rôle pour certains pays. On a
découvert en Afrique de grandes quantités de gaz, et on en trouvera sûrement encore. Si le coût de production
est assez bas, cela peut être bénéfique pour un pays : par exemple, à Madagascar. Mais il faut que les revenus
issus de l’ exploitation soient bien utilisés (même chose que pour le pétrole, par exemple en Guinée Equatoriale).
La biomasse, actuellement première source d’énergie en Afrique, sera toujours utilisée. Il existe des
projets de biocarburants, à base de typha ou de jatropha. Un projet à Madagascar, basé sur le jatropha, devrait
être sur 10 000 hectares mais n’est toujours pas développé. Ces projets posent problème : problème de la
consommation d’eau, de surface prise à l’agriculture alimentaire…
L’éolien : il faudrait déployer du solaire à grande échelle du Maroc au Sénégal en zone côtière soit
20 000 à 30 000 MW de capacités.
Enfin, il faut savoir quel sera le taux d’urbanisation en Afrique pour faire des hypothèses sur
l’importance des solutions de production électrique décentralisées par rapport aux solutions centralisées.
Il faudra de l’énergie en grandes quantités (Inga peut en apporter une partie par exemple) et des
réseaux interconnectés.
Entretien Gérard Malengé
• 149 •
pouvoir investir massivement dans des nouveaux moyens de production (charbon, gaz et nucléaire) faute de
revenus suffisants. Aujourd’hui, le pays aurait intérêt à exporter plus de charbon dédié à l’électricien à prix de
marché proche de 50 dollars la tonne, et utiliser cette rente pour soutenir le développement de son programme
ambitieux d’énergies renouvelables de 8000MW (50 % éolien / 50 % solaire).
Néanmoins, les conditions ne sont pas idéales :
• Il n’y a pas de foisonnement pour l’éolien installé sur le littoral entre Durban et Cape Town,
• Le solaire fournit très bien en été, mais la pointe de la demande est en hiver. En hiver, il n’y a plus de
soleil après 16h, et la pointe de consommation est vers 20 heures. Il faut de ce fait réaliser des
stockages (sodium ou STEP) pour restituer la puissance 6 ou 9 heures plus tard, ce qui est beaucoup
plus coûteux.
L’insertion des énergies renouvelables sera beaucoup plus difficile et coûteuse dans le système
électrique de l’Afrique du Sud (8000MW) que dans celui du système marocain (4000MW) bien que
proportionnellement plus important.
• Quelle vision pour l’énergie en 2050 ?
Pour Gérard Malengé, le premier facteur, c’est la démographie. Certaines zones vont voir leur
population faiblement augmenter (Maroc, Afrique du Sud…), d’autres exploser (RDC, éthiopie, Nigeria…). Il va
falloir fournir de l’énergie, et en particulier de l’électricité, à ces populations (en prenant aussi en compte
l’augmentation des taux d’électrification). Les découvertes de gaz joueront un rôle pour certains pays. On a
découvert en Afrique de grandes quantités de gaz, et on en trouvera sûrement encore. Si le coût de production
est assez bas, cela peut être bénéfique pour un pays : par exemple, à Madagascar. Mais il faut que les revenus
issus de l’ exploitation soient bien utilisés (même chose que pour le pétrole, par exemple en Guinée Equatoriale).
La biomasse, actuellement première source d’énergie en Afrique, sera toujours utilisée. Il existe des
projets de biocarburants, à base de typha ou de jatropha. Un projet à Madagascar, basé sur le jatropha, devrait
être sur 10 000 hectares mais n’est toujours pas développé. Ces projets posent problème : problème de la
consommation d’eau, de surface prise à l’agriculture alimentaire…
L’éolien : il faudrait déployer du solaire à grande échelle du Maroc au Sénégal en zone côtière soit
20 000 à 30 000 MW de capacités.
Enfin, il faut savoir quel sera le taux d’urbanisation en Afrique pour faire des hypothèses sur
l’importance des solutions de production électrique décentralisées par rapport aux solutions centralisées.
Il faudra de l’énergie en grandes quantités (Inga peut en apporter une partie par exemple) et des
réseaux interconnectés.
