puissance fournie équivalent à un réacteur de type EPR), avec un coût estimé à 1,5 milliard de dollars, dont
officiellement 470 millions prêtés par la Chine.
Pourquoi ce secret autour des financements? à cause du problème du partage des eaux du Nil avec l’Egypte.
Un traité, datant de 1929, signé entre les britanniques et l’Egypte, donnait à l’Egypte une primauté sur
les eaux du Nil. Néanmoins, l’éthiopie ne se considère pas engagée par ce traité (l’accord n’incluait pas l’éthiopie
en 1929, et il a été ratifié par Mussolini pendant l’occupation de l’éthiopie par l’Italie).
Un nouveau traité, remettant en cause la maitrise de l’Egypte sur les eaux du Nil, a été signé avec la
Tanzanie, l’Ouganda et le Rwanda en 2010. Le même jour, le barrage de Tana est inauguré. C’est un tournant
important pour l’éthiopie.
Pendant les mois de contestation contre Hosni Moubarak en Egypte, Meles Zenawi profite des troubles
pour annoncer le barrage Renaissance (qui fournira autant de puissance que trois réacteurs EPR) : les travaux,
prévus auparavant, commencent immédiatement. Cette annonce passe inaperçue à cause des troubles en
Egypte. En 2013, Morsi réagit, mais il est chassé du pouvoir deux semaines après.
Zenawi rallie le président soudanais Béchir au traité : l’Egypte se retrouve alors isolée. En décembre
2014, des discussions entre l’Egypte, l’éthiopie et le Soudan ont lieu et en mars 2015 un nouvel accord incluant
l’Egypte est annoncé.
Officiellement le projet de barrage Renaissance est financé par des retenues sur des salaires et des
contributions populaires.
Le barrage Renaissance sera rentable car il y aura une demande, qui se crée avec la croissance
éthiopienne (7 ou 8 % par an). D’après un rapport de l’ambassade de France à Nairobi, un réseau interconnecté
basé sur les barrages éthiopiens est vraisemblable à l’avenir, reliant l’éthiopie, le Soudan, le Mozambique,
Djibouti et le Rwanda.
« On a pu définir avec précision la provenance des ressources du Nil : le cours d’ eau est alimenté à 86 %
par les affluents de l’Est [provenant d’Ethiopie], soit 59 % des eaux du fleuve par le Nil Bleu, 14 % par le Sobat,
13 % par l’Atbara. Le Nil Blanc représente 14 % en provenance de l’Ouest [donc d’Afrique Centrale]. »
• L’approche chinoise en matière d’investissements énergétiques
Les Chinois trouvent que l’Afrique est un continent « compliqué » : à cause de sa fragmentation, de la
diversité des coutumes, des lois et taxes très différentes entre les pays…
Leur stratégie se développe suivant cette réflexion.
Le plus simple c’est de vendre des équipements : transformateurs, câbles… Une fois la vente effectuée,
il n’y a plus de risque. Exemple : Dong Feng Electric avec une croissance énorme et un chiffre d’affaires de 1,5
milliard de dollars.
Second aspect, se concentrer sur des gros projets : si il y a des démarches à faire, ça vaut le coup de
les faire. Ils se concentrent donc sur des gros barrages, sur des lignes importantes… Ils ne se diluent pas sur
des petits projets comme les Européens.
Troisième règle, ne pas s’impliquer dans les compagnies d’électricité, qui sont des compagnies d’état,
avec des prix le plus souvent fixés par les états : trop d’ennuis et trop de difficultés à gagner de l’argent.
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
• 152 •
officiellement 470 millions prêtés par la Chine.
Pourquoi ce secret autour des financements? à cause du problème du partage des eaux du Nil avec l’Egypte.
Un traité, datant de 1929, signé entre les britanniques et l’Egypte, donnait à l’Egypte une primauté sur
les eaux du Nil. Néanmoins, l’éthiopie ne se considère pas engagée par ce traité (l’accord n’incluait pas l’éthiopie
en 1929, et il a été ratifié par Mussolini pendant l’occupation de l’éthiopie par l’Italie).
Un nouveau traité, remettant en cause la maitrise de l’Egypte sur les eaux du Nil, a été signé avec la
Tanzanie, l’Ouganda et le Rwanda en 2010. Le même jour, le barrage de Tana est inauguré. C’est un tournant
important pour l’éthiopie.
Pendant les mois de contestation contre Hosni Moubarak en Egypte, Meles Zenawi profite des troubles
pour annoncer le barrage Renaissance (qui fournira autant de puissance que trois réacteurs EPR) : les travaux,
prévus auparavant, commencent immédiatement. Cette annonce passe inaperçue à cause des troubles en
Egypte. En 2013, Morsi réagit, mais il est chassé du pouvoir deux semaines après.
Zenawi rallie le président soudanais Béchir au traité : l’Egypte se retrouve alors isolée. En décembre
2014, des discussions entre l’Egypte, l’éthiopie et le Soudan ont lieu et en mars 2015 un nouvel accord incluant
l’Egypte est annoncé.
Officiellement le projet de barrage Renaissance est financé par des retenues sur des salaires et des
contributions populaires.
Le barrage Renaissance sera rentable car il y aura une demande, qui se crée avec la croissance
éthiopienne (7 ou 8 % par an). D’après un rapport de l’ambassade de France à Nairobi, un réseau interconnecté
basé sur les barrages éthiopiens est vraisemblable à l’avenir, reliant l’éthiopie, le Soudan, le Mozambique,
Djibouti et le Rwanda.
« On a pu définir avec précision la provenance des ressources du Nil : le cours d’ eau est alimenté à 86 %
par les affluents de l’Est [provenant d’Ethiopie], soit 59 % des eaux du fleuve par le Nil Bleu, 14 % par le Sobat,
13 % par l’Atbara. Le Nil Blanc représente 14 % en provenance de l’Ouest [donc d’Afrique Centrale]. »
• L’approche chinoise en matière d’investissements énergétiques
Les Chinois trouvent que l’Afrique est un continent « compliqué » : à cause de sa fragmentation, de la
diversité des coutumes, des lois et taxes très différentes entre les pays…
Leur stratégie se développe suivant cette réflexion.
Le plus simple c’est de vendre des équipements : transformateurs, câbles… Une fois la vente effectuée,
il n’y a plus de risque. Exemple : Dong Feng Electric avec une croissance énorme et un chiffre d’affaires de 1,5
milliard de dollars.
Second aspect, se concentrer sur des gros projets : si il y a des démarches à faire, ça vaut le coup de
les faire. Ils se concentrent donc sur des gros barrages, sur des lignes importantes… Ils ne se diluent pas sur
des petits projets comme les Européens.
Troisième règle, ne pas s’impliquer dans les compagnies d’électricité, qui sont des compagnies d’état,
avec des prix le plus souvent fixés par les états : trop d’ennuis et trop de difficultés à gagner de l’argent.
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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