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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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« La démographie impacte donc les options énergétiques car il faudra gérer les migrations, la
gestion des terres, la migration vers les villes, et savoir comment tirer parti du dividende démographique »,
souligne Philippe Hugon.
• Quel modèle de développement, quels indicateurs ?
Il ne faut pas confondre croissance et développement, souligne Philippe Hugon.
Aujourd’hui, il n’y a pas de réel système de statistiques nationales en Afrique. Les informations dont
on dispose ne viennent pas des pays, mais d’organismes internationaux (Banque mondiale, etc.) hors-sol.
Il faut se méfier des taux de croissance, qui sont relatifs et déformateurs : tout dépend de la pondération
choisie. La variation du taux peut varier d’un facteur de 1 à 3 selon la pondération choisie.
Les informations disponibles (PIB, croissance et IDH) dépendent de conventions, il faut donc être
extrêmement prudent. De plus, 80 % de la population africaine travaille dans le secteur informel, ce qui
représente près de 50 % du PIB en Afrique subsaharienne. Comment prendre en compte ce fait ?
« On ne se pose jamais assez la question de la réalité des chiffres. La question n’est pas la croissance, mais
le développement », rappelle Philippe Hugon. Une étude ghanéenne sur le développement a considéré
d’autres critères que le PIB et l’IDH, dont :
• la diversification de l’économie ;
• les progrès en termes de productivité ;
• les dépenses dans la santé ;
• l’éducation.
On obtient alors une analyse vraiment différente de celle que l’on a en utilisant comme critères le
PIB et l’IDH.
Philippe Hugon pense que d’autres indicateurs permettent de mieux juger de l’état d’un pays. Par exemple,
les critères suivants indiquent qu’un pays progresse :
• inégalités en baisse (coefficient de Gini qui diminue) ;
• taux de scolarisation en hausse;
• ménages ayant accès aux biens de grande nécessité.
Ce sont les indicateurs de croissance inclusive.
Quand on regarde les différentes études sur l’Afrique, on voit qu’il y a des transformations positives :
• l’égalité homme/femme progresse ;
• l’espérance de vie augmente ;
• la productivité augmente ;
• les économies se diversifient.
« Le scénario le plus probable, c’ est que ces indicateurs continuent d’ aller dans le bon sens. Néanmoins,
les progrès ne sont pas uniformes : il y a des progrès (Côte d’Ivoire…), des stagnations (Madagascar…) et des
situations chaotiques (Somalie, République centrafricaine…) », souligne Philippe Hugon.
• L’économie
Qu’est ce qui explique la dynamique des dix dernières années en Afrique ? Il existe des facteurs
économiques endogènes et exogènes.
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