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Entretien Philippe Hugon
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Les facteurs exogènes sont :
• l’amélioration des termes de l’échange, conséquence de la baisse des prix des biens d’équipements
et de consommation (réfrigérateurs, etc.) par rapport aux prix des produits exportés (pétrole, cacao,
gaz, minerais…) ;
• l’accès aux financements, multipliés par cinq depuis 2000 : les fonds souverains, les transferts des
migrants, les fondations…
• l’allègement de la dette (moratoires, annulations…) ;
• le passage d’une Afrique postcoloniale à une Afrique mondialisée.
Les facteurs endogènes sont :
• l’émergence des classes moyennes : environ 300 millions de personnes gagnant deux à dix dollars
par jour, qui ont accès aux biens durables, avec un panier de la ménagère diversifié ;
• la démocratie de plus en plus présente et la baisse globale du nombre de conflits ;
• la formation, qui s’améliore ;
• l’accès à l’école et à la santé en ville ;
• la réduction des inégalités homme/femme ;
• les dynamiques régionales apparaissent (Afrique de l’Ouest hors Nigeria, Afrique de l’Est, Afrique
australe).
Les dynamiques régionales créent cependant des inégalités et des fractures territoriales.
L’Afrique reste relativement hors des chaînes de valeur mondiales à l’exception peut-être du Maroc et
de l’Afrique du Sud.
L’Afrique importe plus de technologies qu’elle n’en crée. La technologie change la donne et le paysage
de développement.
La consommation des ménages change de manière importante : aujourd’hui, les dépenses liées aux
hautes technologies sont plus importantes que celles liées à l’alimentaire pour certains ménages (pas les plus
pauvres). Ceci s’explique par une augmentation de la demande en haute technologie, mais aussi par une
satisfaction plus importante des besoins alimentaires.
Le téléphone portable est un besoin vital, un élément de rupture par rapport aux prospectives antérieures.
• Les fractures territoriales et zones de conflit
L’Afrique est composée d’ ensembles régionaux très différents où des leaders émergent, des puissances
avec leurs spécificités.
Il faut aider l’épanouissement des capacités des différents pays.
Philippe Hugon entrevoit cependant trois grandes zones de conflictualité à l’horizon :
• la région soudano-sahélienne et le nord du Mali, avec l’installation forte et durable de groupes
comme Boko Haram qui dispose d’ores et déjà d’un territoire étendu ;
• la corne de l’Afrique (Somalie et peut-être éthiopie) ;
• l’Afrique centrale (République centrafricaine, RDC), avec peut-être des mouvements sécessionnistes
(Kivu, Katanga…).
D’autres zones de conflits pourront exister, mais ce seront des conflits plus ponctuels (par exemple
dans la région de Cabinda en Angola).
La conflictualité est un facteur qui rétroagit considérablement sur la prospective.
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