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Entretien Philippe Hugon
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Niger, en Afrique centrale le Rwanda et le Burundi.
Les migrations hors d’Afrique sont coûteuses (plus de 2 000 euros par migrant) et liées à des zones
particulières et des réseaux d’entraide (ex-moyenne vallée du Sénégal en France avec les Maliens et les
Sénégalais).
« On peut distinguer trois ensembles démographiques », nous indique Philippe Hugon :
• L’Afrique dont la population stagne. Ce sont des pays en déclin démographique (Afrique du Sud,
Botswana). Ces pays vont devoir faire face à un vieillissement de leurs populations.
• L’Afrique qui explose. Ce sont desdes pays qui n’ont pas encore entamé leur transition
démographique (pays sahéliens et Somalie). La fécondité y est très élevée (sept enfants par femme).
La population de ces pays triplera d’ici 2050. La population est de plus en plus jeune.
• Le reste de l’Afrique qui a commencé sa transition démographique.
La population de ces pays doublera d’ici 2050, par effet d’inertie. La fécondité y est inférieure à cinq
enfants par femme fécondable. Il y aura un dividende démographique à exploiter : du fait de la
transition démographique, il y aura en proportion plus de personnes actives et moins de personnes
à charge (jeunes et personnes âgées). Les dépenses de santé et d’ éducation pèseront donc moins lourd
pour ces pays. Le Nigeria fait partie de ce groupe. Un doublement de sa population y est attendu, ce
qui laisse prévoir 350 millions d’habitants en 2050.
En 2015, 17 millions de jeunes (15-24 ans) arriveront sur le marché du travail à travers l’Afrique. Il y
en aura environ 35 millions en 2050. Sur les 17 millions en 2015, 2/3 concernent le monde rural et 1/3 le
monde urbain. En 2050, sur les 35 millions de nouveaux arrivants sur le marché du travail, 55 % concernera
le monde urbain (19 millions) et 45 % le monde rural (16 millions).
Les demandeurs d’emploi en milieu rural seront majoritaires jusqu’en 2030.
« Le défi majeur de l’Afrique reste : comment absorber ces jeunes sans perspective, exclus du système
économique et politique ?
Dans de nombreux pays, les jeunes sont exclus de la politique (les régimes sont « gérontocratiques »),
de la propriété foncière en zone rurale (prix trop élevés, absence de droits), de l’emploi en ville…
On est dans la rupture, et pas dans la tendance. Il y aura sûrement des réformes politiques,
économiques et sociales de taille. Les entreprises qui s’installeront dans une région devront en tenir compte
et toujours penser à créer de l’activité sur place et favoriser le tissu économique local (utiliser des PME locales,
employer des locaux…) sous peine de “clash” », pressent Philippe Hugon.
En résumé, les problématiques démographiques de l’Afrique sont plurielles.
• Comment gérer la migration ?
• Comment gérer l’accès aux terres ?
• Comment absorber les jeunes sans perspective d’avenir ?
• Comment gérer le dividende démographique ?
La démographie révèle un certain nombre de problèmes et il faudra des évolutions pour y faire face.
« Le modèle énergétique choisi ne pourra pas être similaire au cheminement historique qu’a poursuivi
l’Europe en son temps. La biomasse s’avère être ruineuse dans les pays sahéliens (corvées de bois,
déforestations). En revanche elle est envisageable dans les zones tropicales.
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