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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
• 134 •
De surcroit, les subventions à l'énergie détournent les ressources publiques des dépenses qui seraient
plus favorables aux pauvres. Dans nombre de pays qui offrent des subventions, il serait possible d'améliorer
l'équité en réaffectant les dépenses vers les programmes mieux ciblés sur la santé, l’ éducation et la protection
sociale. Eu égard à la part élevée des avantages qui revient aux groupes à revenu supérieur, aux inefficacités que
créent les subventions dans l’affectation des ressources, les subventions à l'énergie sont un instrument de
politique beaucoup moins efficace pour distribuer la richesse que les autres programmes de dépenses publiques.
La figure 3 ci-dessous présente, à titre d’ exemple, le différentiel d’allocation, en pourcentage du PIB, entre les
subventions énergétiques et les dépenses allouées par le budget national à l’ éducation dans la région MENA.
Figure 3 : Subventions énergétiques avant impôt et dépenses d'éducation dans la région MENA
Source : FMI, Subventions à l’ énergie en MENA : enseignements pour la réforme, mars 2014
Environnement
Enfin, les subventions engendrent des externalités négatives quant à l’amélioration des conditions
environnementales et au déplacement de combustibles fossiles au profit d’ énergies renouvelables, notamment
du fait qu’une part importante des subventions va à la production électrique. Elles causent une
surconsommation de produits pétroliers et réduisent les incitations aux investissements dans l'efficacité
énergétique et les énergies renouvelables
3- Objections au principe de l’abandon des subventions
La section ci-dessus dresse un tableau plutôt sombre et sans équivoque des lourds inconvénients des
politiques de subventionnement des produits énergétiques. Cependant le principe des subventions continue d’avoir
ses partisans et la mise en œuvre d’une réforme conduisant à leur abandon peut se heurter à de fortes oppositions.
Au plan politique, certains groupes qui bénéficient des subventions peuvent être puissants et bien
organisés et bloquer les réformes. Par exemple, la classe moyenne urbaine, les transporteurs et le secteur
industriel (qui bénéficie aussi des subventions) peuvent faire obstacle à la réforme, comme on a pu le voir au
Nigeria en 2012. Par ailleurs, ceux qui vont de fait bénéficier de la réforme (par exemple, par la mise en place
ou le maintien d’un filet de sécurité) sont souvent dispersés et moins organisés. Par conséquent, les stratégies
de réforme ne doivent pas négliger les préoccupations des futurs « perdants ».
Plus importantes (et recevables) sont les objections concernant les impacts négatifs sur les populations
les plus vulnérables. Bien que la plupart des avantages des subventions énergétiques reviennent aux groupes
à revenus élevés, les augmentations des prix des énergies peuvent néanmoins avoir un impact substantiel
sur les revenus réels des plus pauvres, que ce soit par l’effet direct du coût accru des énergies à usage
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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De surcroit, les subventions à l'énergie détournent les ressources publiques des dépenses qui seraient
plus favorables aux pauvres. Dans nombre de pays qui offrent des subventions, il serait possible d'améliorer
l'équité en réaffectant les dépenses vers les programmes mieux ciblés sur la santé, l’ éducation et la protection
sociale. Eu égard à la part élevée des avantages qui revient aux groupes à revenu supérieur, aux inefficacités que
créent les subventions dans l’affectation des ressources, les subventions à l'énergie sont un instrument de
politique beaucoup moins efficace pour distribuer la richesse que les autres programmes de dépenses publiques.
La figure 3 ci-dessous présente, à titre d’ exemple, le différentiel d’allocation, en pourcentage du PIB, entre les
subventions énergétiques et les dépenses allouées par le budget national à l’ éducation dans la région MENA.
Figure 3 : Subventions énergétiques avant impôt et dépenses d'éducation dans la région MENA
Source : FMI, Subventions à l’ énergie en MENA : enseignements pour la réforme, mars 2014
Environnement
Enfin, les subventions engendrent des externalités négatives quant à l’amélioration des conditions
environnementales et au déplacement de combustibles fossiles au profit d’ énergies renouvelables, notamment
du fait qu’une part importante des subventions va à la production électrique. Elles causent une
surconsommation de produits pétroliers et réduisent les incitations aux investissements dans l'efficacité
énergétique et les énergies renouvelables
3- Objections au principe de l’abandon des subventions
La section ci-dessus dresse un tableau plutôt sombre et sans équivoque des lourds inconvénients des
politiques de subventionnement des produits énergétiques. Cependant le principe des subventions continue d’avoir
ses partisans et la mise en œuvre d’une réforme conduisant à leur abandon peut se heurter à de fortes oppositions.
Au plan politique, certains groupes qui bénéficient des subventions peuvent être puissants et bien
organisés et bloquer les réformes. Par exemple, la classe moyenne urbaine, les transporteurs et le secteur
industriel (qui bénéficie aussi des subventions) peuvent faire obstacle à la réforme, comme on a pu le voir au
Nigeria en 2012. Par ailleurs, ceux qui vont de fait bénéficier de la réforme (par exemple, par la mise en place
ou le maintien d’un filet de sécurité) sont souvent dispersés et moins organisés. Par conséquent, les stratégies
de réforme ne doivent pas négliger les préoccupations des futurs « perdants ».
Plus importantes (et recevables) sont les objections concernant les impacts négatifs sur les populations
les plus vulnérables. Bien que la plupart des avantages des subventions énergétiques reviennent aux groupes
à revenus élevés, les augmentations des prix des énergies peuvent néanmoins avoir un impact substantiel
sur les revenus réels des plus pauvres, que ce soit par l’effet direct du coût accru des énergies à usage
