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Résumé et recommandations
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L’Afrique à l’horizon 2050
L’Afrique va connaitre d’ici 2050 une forte croissance démographique, supérieure à la croissance
démographique mondiale : il y aura probablement plus de 2,4 milliards d’Africains en 2050, contre environ
un milliard en 2010. La croissance démographique devrait être semblable à la croissance mondiale en Afrique
du Nord et en Afrique du Sud, mais elle sera sans doute bien plus importante ailleurs (la population
augmentera de plus de 150 % en Afrique de l’Ouest, de l’Est et centrale). La fécondité baissera partout en
Afrique, mais restera élevée en dehors de l’Afrique du Nord et de l’Afrique du Sud.
La demande en énergie primaire, ainsi que celle d’ électricité vont fortement augmenter sur le continent.
Néanmoins, les situations énergétiques et électriques resteront très différentes en Afrique du Nord et en Afrique
subsaharienne.
• En Afrique du Nord, la demande en énergie primaire devrait presque doubler d’ici 2050, pour
atteindre environ 13,7 EJ (ExaJoule)– 326 Mtep (7,2 EJ – 171 Mtep en 2012). Le gaz remplacera le pétrole,
prenant la première place dans le mix énergétique avec une part de près de 45 %. La demande en
pétrole augmentera peu, et sa part dans le mix énergétique baissera, dépassant de peu les 29 %. Enfin,
la demande en énergies renouvelables (hors bioénergies et hydraulique, il risque fort d’y avoir une
diminution de l’hydraulicité, liée aux changements climatiques ) sera multipliée par 60 d’ici 2050,
pour représenter près de 18 % du mix énergétique.
Concernant la production électrique, elle devrait approcher les 820 TWh en 2050 (300 TWh en 2012).
Si le gaz restera le pilier du mix électrique (66 % de la production d’ électricité), la part des énergies renouvelables
(hors bioénergies et hydraulique) augmentera considérablement : elle sera multipliée par 85, comptant pour
un peu plus de 20 % de la production d’électricité.
• En Afrique subsaharienne, l’augmentation de la demande en énergie primaire devrait être plus
importante qu’en Afrique du Nord. Cette demande devrait probablement être proche de 50 EJ – 1 190
Mtep en 2050 selon la majorité des scénarios étudiés (contre 23,8 EJ – 567 Mtep en 2012). Il n’existe
pas de consensus sur la composition du mix énergétique subsaharien de 2050 : néanmoins, certaines
conclusions sont partagées. Le mix énergétique sera toujours basé sur les bioénergies, même si leur
part devrait baisser fortement (d’au moins 20 %). La part des énergies fossiles devrait augmenter (de
10 à 20 %) : la part du charbon diminuera, tandis que celle du gaz augmentera très fortement (d’au
moins 10 %). Enfin, les énergies renouvelables (hors bioénergies et hydraulique), négligeables dans
le mix énergétique de 2012, devraient compter pour 7 à 9 % du mix.
Concernant la production électrique, elle devrait être comprise entre 2 200 et 3 100 TWh en 2050, contre
seulement 440 TWh en 2012. Le mix énergétique subsaharien se diversifiera : le charbon et les bioénergies
seront moins utilisés, tandis que l’utilisation du gaz et des énergies renouvelables augmentera très fortement.
L’électrification du continent va se poursuivre. Si l’Afrique du Nord sera complètement électrifiée bien
avant 2050, il est très probable qu’une part importante des personnes vivant en Afrique subsaharienne soit
encore privée d’accès à l’électricité à l’horizon 2050 (entre 250 et 400 millions de personnes selon les
investissements réalisés).
Enfin, l’Afrique émettra plus de CO 2 en 2050 qu’en 2012 (entre 2,2 et 2,7 milliards de tonnes, contre
environ 1,1 milliard en 2012), mais ses émissions ne compteront toujours que pour une faible part des
émissions mondiales, encore plus en tenant compte du poids démographique de l’Afrique. Le continent
pourrait souffrir des conséquences du changement climatique, si les émissions mondiales de gaz à effet de
serre ne diminuent pas.
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