nouvelles filières de production et de consommation du bois, ainsi que des cultures énergétiques qui se
concrétisent afin de concilier usage de la biomasse et protection des équilibres écologiques.
Les autres énergies renouvelables se développent et sont utilisées principalement pour la production
d’électricité. L’Afrique du Sud, le Maroc, l’égypte et l’éthiopie disposent d’un fort potentiel éolien, pratiquement
compétitif sans subvention. Dans une moindre mesure, la Tunisie et le Cap Vert ont recourt à cette énergie.
Le potentiel géothermique, limité à la vallée du Rift, n’est exploité que par le Kenya (125 MW installés).
Le solaire (photovoltaïque et solaire concentré) se développe grâce à une baisse des coûts de production, le
potentiel se concentrant au Sahara, en Afrique du Nord et en Afrique australe. Le solaire pour l’éclairage et
d’autres usages de faible consommation comme la recharge de téléphones portables est une solution actuelle
pour combler le manque d’électrification dans les villages. Enfin, c’est l’énergie hydraulique qui se développe
le plus, avec un potentiel important (12 % du potentiel mondial) localisé principalement en Afrique centrale,
particulièrement au Congo-Kinshasa, au Cameroun, dans la région du Nil, au Mozambique et en Guinée. Le
barrage « Renaissance », actuellement en construction en éthiopie, est le parfait exemple de ce développement.
Secteurs d’utilisation et potentiel d’amélioration de l’efficacité énergétique
Les transports africains sont essentiellement routiers (entre 80 et 90 % du trafic interurbain et inter-états
de marchandises). Le parc automobile se compose souvent de véhicules anciens, en particulier en Afrique
subsaharienne : ils sont en mauvais état, polluants et fortement consommateurs de produits pétroliers. En Algérie
par exemple, en 2010, 57% des véhicules sont plus de 20 ans, les véhicules de moins de cinq ans, ne représentent
que 20 % du parc.
Le réseau ferré est mal entretenu et peu interconnecté (notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique
centrale). Des projets pour développer le secteur ferroviaire africain existent : par exemple la boucle ferroviaire
ouest-africaine qui traversera Abidjan, Ouagadougou, Niamey, Cotonou et Lomé, pour une longueur de 2 800
kilomètres, et facilitera l’intégration et le développement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
(UEMOA). Le secteur industriel africain ne pourra se développer et se diversifier qu’en ayant un accès fiable à
l’énergie : électricité pour les mines, combustibles pour les cimenteries, gaz ou produits pétroliers pour les
industries chimiques.
L’agriculture, secteur clé de l’économie africaine, emploie 65 % de la population active africaine, et
participe à hauteur de 32 % au PIB africain. Néanmoins, si sa productivité augmente, elle part de très bas, car
elle est peu mécanisée, souffre du manque d’accès à l’eau (et donc à l’irrigation) et d’une organisation
insuffisante pour l’accès de produits transformés aux marchés. Le développement énergétique de l’Afrique
est nécessaire pour résoudre ces problèmes.
La biomasse (sous forme de feu de bois) est l’énergie la plus utilisée pour les usages domestiques en
Afrique subsaharienne, principalement pour la cuisson et le chauffage. Les inconvénients sociaux et
environnementaux de cette consommation sont nombreux, mais deux pistes sont envisageables pour
améliorer la situation : l’utilisation de foyers améliorés, la diffusion des foyers à GPL ou à biogaz. Concernant
la climatisation des bâtiments, il est nécessaire d’adopter des normes de construction pour les nouveaux
bâtiments afin de réaliser des économies d’énergie : urbanisme et construction bioclimatiqu, écoconstruction,
matériaux traditionnels…
L’amélioration de l’efficacité énergétique doit être une priorité pour l’Afrique : elle permettrait une
diminution des coûts pour les consommateurs, une meilleure compétitivité économique du continent et une
diminution des investissements nécessaires dans les infrastructures énergétiques.
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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