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Zoom n°6
L’Afrique du Sud : contextes et enjeux
par Pierre-Edouard Charpentier, stagiaire Sciences-Po à l’ADEA
Depuis 2008, l’Afrique du Sud est fortement impactée par des pannes et défaillances majeures de son
système électrique. En raison de ces difficultés structurelles, elle a perdu sa place de leader économique africain
au profit du Nigeria. Le secteur énergétique est primordial pour l’ économie sud-africaine puisque celle-ci repose
essentiellement sur son activité charbonnière. Confrontée aux changements du contexte énergétique mondial
et à sa réalité économique, elle doit désormais repenser son mix énergétique pour allier des énergies propres
et peu coûteuses. En revanche, ses ressources en pétrole et gaz naturel sont faibles. Une des priorités du
gouvernement est d’augmenter l’offre d’électricité aux industriels et aux ménages. L’Afrique du Sud s’est
engagée dans un processus d’expansion de ses capacités de génération pour éviter de nouvelles crises
énergétiques. Elle a pour cela défini une nouvelle politique énergétique sur vingt ans alliant nucléaire, charbon
et énergies renouvelables.
Organisation du secteur énergétique sud-africain
La politique énergétique de l’Afrique du Sud et sa mise en œuvre est définie par le Department of
Energy (DoE) qui a également pour charge le contrôle de cinq entreprises d’état
1 et de leurs filiales. En 2013,
l’Afrique du Sud produisait 38 % de la production totale d’électricité du continent, ce qui fait d’elle le premier
fournisseur africain d’ électricité. 95 % de l’ électricité est produite par l’ entreprise nationale Eskom, sous autorité
du Department of public enterprises (DPE), les 5 % restants étant répartis entre municipalités, mines ou
industries possédant leurs propres centrales et des producteurs indépendants. La capacité de génération nette
installée de l’Afrique du Sud est de 44, 56 GW
2
.
Le charbon est prédominant dans la production d’électricité en Afrique du Sud. Sur les 27 centrales
composant le parc électrique d’Eskom, on compte 13 centrales charbon (85 % de la capacité de génération),
quatre centrales à gaz, huit centrales hydrauliques (dont deux sont des turbines-pompes) et une centrale
nucléaire pour une capacité installée totale de 41 919 MW.
Bien qu’ayant connu une augmentation de sa demande électrique de 20 % durant la dernière décennie
à laquelle elle a du mal à faire face, l’Afrique du Sud est devenue en 2013 exportateur net d’électricité. Ses
exportations sont tournées vers le Mozambique, le Botswana, la Namibie, le Swaziland et le Lesotho. Elle
importe également 4,3 % de son électricité du Mozambique, du Lesotho et de la Zambie.
Durant les vingt prochaines années, le gouvernement a planifié de construire 42 GW de capacités
supplémentaires majoritairement renouvelables (18 GW) et nucléaire (9,6 GW) mais aussi charbon (6,3 GW).
à l’horizon 2018/2019, la construction des centrales charbon de Medupi et Kusile (4 800 MW chacune et
nécessitant respectivement la création de 60 et 35 nouvelles mines de charbon), de la centrale hydroélectrique
d’Ingula (1 332 MW), d’un parc éolien dans le Western Cape (100 MW) et la remise en service d’anciennes
centrales au charbon devrait permettre d’apporter 11 126 MW de capacités supplémentaires.
1 Le NERSA (Régulateur en charge de la fixation des prix de l’énergie), la NECSA (Agence en charge de l’énergie nucléaire), la NNR (Autorité de sûreté nucléaire), la SANEDI (Agence en charge de l’efficacité énergétique) et le CEF (Fonds central de l’énergie).
2 EIA U.S. Energy Information Administration.
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