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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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Zoom n°5
Le Pétrole au Tchad
par Jean-Pierre Favennec, Président de l’ADEA
Le Tchad est un producteur de pétrole récent, dont les premiers barils sont arrivés sur le
marché mondial en 2003, après la mise en exploitation du pipeline Tchad-Cameroun.
Sedigi
Dès le milieu des années 1970, des réserves de pétrole avaient été identifiées autour du lac Tchad dans
le nord du pays à Sedigi par un consortium réunissant Conoco, Exxon, Shell et Chevron (à l'époque Socal). Shell
avait imaginé un projet de mini raffinerie (1 000 barils par jour !) à Ndjamena pour alimenter un marché encore
très limité. Face aux difficultés, Shell abandonne cette perspective et élabore un nouveau projet (mise en
production de Sedigi, transport par un oleoduc de 300 km jusqu'à Ndjamena, raffinerie et nouvelle centrale
électrique toujours à Ndjamena. Ce projet ne verra jamais le jour du fait de la guerre civile qui redémarre en
1979 (conflit entre Hissène Habré et Goukouni Ouedeye). En tout état de cause, ces réserves, trop limitées, ne
pouvaient justifier la construction d’un oléoduc jusqu’à la côte camerounaise (distante de plus de
2 000 kilomètres) pour exporter le brut.
Le bassin de Doba - La mise en production de Doba et l'oléoduc Doba-Kribi
Poursuivant dans le sud les recherches entreprises au nord, le consortium Exxon - Shell - Chevron mit
en évidence la présence de réserves importantes dans la région de Doba. Mais la mise en exploitation rendait
nécessaire la construction d’un oléoduc de 1 300 kilomètres dont une grande partie à travers le Cameroun. Le
projet a longtemps été retardé, en particulier par l’intervention des ONG qui mettaient en évidence les risques
du projet : risques environnementaux car le pipeline traversait des zones fragiles, risques pour les populations
de ces mêmes régions, en particulier pour des populations pygmées.
Le projet, dont le coût total (installations de production et oléoduc) atteint près de quatre milliards de
dollars, a été mis en place grâce à l’intervention de la Banque mondiale qui, après de longues études, a
finalement donné son feu vert et financé une partie des investissements. Cette « caution » était nécessaire à la
construction.
Les conditions mises par la Banque Mondiale au financement du projet étaient très strictes : une partie
des redevances du gouvernement (10 %) devait être versée à un fonds pour les Générations futures. 80 % des
recettes du gouvernement devaient être consacrées à des dépenses de santé, d’éducation, de développement
rural et à d’autres prestations sociales.
Il faut se souvenir qu'au moment où le projet est lancé le prix du pétrole est de … dix dollars par baril.
Dans les prévisions faites au moment de la préparation du projet, l'essentiel des revenus va au remboursement
des coûts et dans les premiers mois d'exploitation le gouvernement ne récupère que … quelques dollars par
baril produit.
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