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l'Europe (ENL fut le premier client et l'Europe importait 67 % du gaz nigérian en 2010 contre 31 % en 2013).
Les importations américaines ont également considérablement chuté avec le développement de la production
de gaz de schistes aux états-Unis. L'Asie (Japon après la catastrophe de Fukushima, Corée du Sud…) est
désormais la première région importatrice de GNL nigerian.
D'autres projets de GNL existent (Brass LNG, OK LNG) mais connaissent des retards considérables. Leur
avenir est incertain.
Le reste du gaz est surtout utilisé pour la production d'électricité. Une unité de GTL (Gas to Liquids est
en construction à Escravos (avec des retards considérables). Elle devrait produire à partir de 2015 un peu
moins de deux millions de tonnes par an de produits liquides, surtout du gazole. Le projet, d'un coût estimé à
dix milliards de dollars, est développé par Chevron et NNPC. Le projet a été conçu par Chevron et Sasol la société
sud africaine qui produit des liquides (essence, gazole) à partir de charbon en Afrique du Sud.
Un projet important est le gazoduc ouest-africain, WAGPL - West African Gas Pipe Line - conçu au
début des années 2000 et entré en production en 2011. Ce gazoduc vise à alimenter le Bénin, le Togo et surtout
le Ghana en gaz pour la production d'électricité. Sa capacité est d'environ 1,7 milliard de mêtes cubes par an
mais il ne transporte guère plus de 700 millions de mètres cubes. Le WAGPL est particulièrement destiné à
alimenter la centrale de Takoradi au Ghana, mais son fonctionnement erratique ne favorise pas une bonne
opération de cette centrale qui joue de malchance puisque la découverte (2007) puis la mise en production
(2010) du champ de Jubilée au Ghana aurait pu permettre d'alimenter la centrale en gaz associé mais la mise
en place des installations de traitement et de transport du gaz de Jubilée au Ghana a pris un retard considérable.
Pour être complet, mentionnons le projet de Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP) qui relierait l’Algérie au
Nigeria. Ce très ancien projet de 4128 km a souvent attiré les investisseurs. Récemment (2009) Gazprom a proposé
ses services pour la construction du pipeline en échange d’un accès privilégié aux réserves gazières du Nigeria.
Mais ce projet, estimé à plus de vingt milliards de dollars présente des risques géopolitiques évidents, surtout
dans le contexte d'un Sahel - par où devrait passer le gazoduc - en partie contrôlé par des groupes terroristes.
L'électricité
Le Nigeria dispose d'environ six GW de capacité de production d'électricité pour une population de
180 millions d'habitants. A titre de comparaison la France dispose de 128 GW de capacité pour une population
environ trois fois plus faible. Les deux tiers des capacités fonctionnent au gaz naturel, les capacités
hydrauliques étant d'environ deux GW. Il y a des capacités très limitées d'énergies renouvelables (bois et éolien).
La situation est aggravée par le faible taux d'utilisation des capacités (50 % environ), ce qui fait de la
consommation d'électricité par tête au Nigeria l'une des plus faibles au monde. En raison des pannes et
coupures d'approvisionnement fréquentes, de nombreux consommateurs sont équipés de petits générateurs
fonctionnant au gazole. L'électricité ainsi produite est hors de prix.
Le gouvernement a récemment décidé la privatisation des sociétés de production (GenCos) et de
distribution (DisCos), conservant le contrôle de la Transmission Company (qui conserve également l'une des
six GenCos et l'une des 11 DisCos).
Des plans ambitieux d'augmentation des capacités ont été développés : le gouvernement souhaite
porter à 20 GW la capacité thermique et à six GW la capacité hydraulique. L'une des difficultés du secteur tient
cependant à la difficulté d'approvisionner en gaz les centrales électriques, la valorisation du gaz naturel sous
forme de GNL étant très supérieure au prix de vente aux centrales électriques.
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