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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
• 104 •
Le raffinage au Nigeria
Le Nigeria dispose de 4 raffineries (2 à Port Harcourt dont l'une est relativement récente - 1992 - et de
bonne taille - 200 000 b/j, une a Warri et une à Kaduna construites vers 1980 et chacune de 100 000 b/j
environ). Les taux d'utilisation de ces raffineries ne dépassent pas 25 %. Le brut est en effet mieux valorisé à
l'exportation que sur le marché local, les nombreux troubles dans les régions de production pénalisent en
priorité ces raffineries, enfin il est difficile d'assurer une maintenance satisfaisante. Des projets de privatisation
de ces raffineries n'ont pas abouti. Les syndicats y sont farouchement opposés. Un projet de raffinerie de
500 000 b/j a été lancé par le milliardaire Dangote. Il devrait être opérationnel avant 2018. Ce serait la plus
grande raffinerie d'Afrique.
Le gaz naturel
Les réserves de gaz naturel du Nigeria se partagent à peu près également entre gaz associé à la
production de pétrole et gaz non associé. Le Nigeria produit des quantités importantes de gaz naturel, associé
à la production de pétrole, mais le torchage (ou brûlage) y reste particulièrement important faute de débouchés.
La production de gaz est de l'ordre de 40 à 50 millards de mêtres cubes par an (40 à 50 Mtep). La production
a régulièrement augmenté jusqu'en 2008 (40 Gm
3 ) lorsque des attaques sur les installations de Shell
conduisirent à un arrêt de plusieurs mois de la production. La production maximum a été atteinte en 2012
(50 Gm
3 ) avant que de nouvelles perturbations ne réduisent la production.
Les 2/3 environ de la production sont liquéfiés dans l'usine de Bonny de NLNG (Nigeria LNG, une
association entre NNPC, Shell, Total et ENI). L'usine dispose de six trains de liquéfaction d'une capacité totale
de 22 millions de tonnes de GNL et peut également produire quatre millions de tonnes de GPL. Un septième
train pourrait porter la capacité à 30 millions de tonnes de GNL. Le Nigeria est le cinquième exportateur de
GNL après le Qatar, la Malaisie l'Australie et l'Indonésie. Le GNL nigérian fut longtemps surtout exporté vers
l’écrivain Ken Saro-wiwa, le MOSOP devint une organisation de masse, sur le modèle du mouvement
américain pour les droits civiques. Rapidement très bien implanté localement, le MOSOP noua d’étroites
relations avec d’autres ethnies « pétrolières » de la région, avec des partis d’opposition au niveau
fédéral, ou surtout avec les milieux intellectuels, politiques et médiatiques à l’étranger.
La campagne politico-écologique engagée par le MOSOP contre Shell trouva ainsi un écho international
par l’intermédiaire de grandes ONG transnationales comme Greenpeace ou Human Rights Watch. Sur
place, les exactions contre Shell (sabotage des oléoducs, mitraillage de véhicules, agressions physiques
contre le personnel expatrié ou nigérian, etc.) se banalisèrent au point que la compagnie décida, en
janvier 1993, de se retirer du pays ogoni et d’y fermer ses installations, non rouvertes depuis lors. Cette
décision, sans précédent dans son ampleur, provoqua un durcissement de la part des autorités
nigérianes qui envoyèrent l’armée quadriller le territoire ogoni et accentuèrent la répression contre les
dirigeants du MOSOP. L’arrestation, la condamnation à mort et l'exécution de Ken Saro-wiwa en 1995
provoquèrent une intense mobilisation internationale, diplomatique et médiatique, visant non
seulement le régime du général Abacha mais également Shell, accusé de complicité, au moins passive.
Le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (MEND) créé en 2006 a fait baisser la production
de pétrole de l’État de Rivers de plusieurs centaines de milliers de barils pendant plusieurs années. Ce
mouvement vise au contrôle de l’argent du pétrole considérant que l’État ne prend pas en considération
les demandes légitimes du peuple d’une répartition équitable des revenus ainsi qu’un plus grand respect
des normes environnementales. Une trêve a été décrétée en 2009, la situation était suffisamment grave
pour que le président Umaru Yar’adua décide de la création d’un organe dédié à la recherche de solutions
pérennes aux problèmes de la région. Cette politique a été poursuivie par le président Jonathan Goodluck
après la mort de Umaru Yar'adua.
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
• 104 •
Le raffinage au Nigeria
Le Nigeria dispose de 4 raffineries (2 à Port Harcourt dont l'une est relativement récente - 1992 - et de
bonne taille - 200 000 b/j, une a Warri et une à Kaduna construites vers 1980 et chacune de 100 000 b/j
environ). Les taux d'utilisation de ces raffineries ne dépassent pas 25 %. Le brut est en effet mieux valorisé à
l'exportation que sur le marché local, les nombreux troubles dans les régions de production pénalisent en
priorité ces raffineries, enfin il est difficile d'assurer une maintenance satisfaisante. Des projets de privatisation
de ces raffineries n'ont pas abouti. Les syndicats y sont farouchement opposés. Un projet de raffinerie de
500 000 b/j a été lancé par le milliardaire Dangote. Il devrait être opérationnel avant 2018. Ce serait la plus
grande raffinerie d'Afrique.
Le gaz naturel
Les réserves de gaz naturel du Nigeria se partagent à peu près également entre gaz associé à la
production de pétrole et gaz non associé. Le Nigeria produit des quantités importantes de gaz naturel, associé
à la production de pétrole, mais le torchage (ou brûlage) y reste particulièrement important faute de débouchés.
La production de gaz est de l'ordre de 40 à 50 millards de mêtres cubes par an (40 à 50 Mtep). La production
a régulièrement augmenté jusqu'en 2008 (40 Gm
3 ) lorsque des attaques sur les installations de Shell
conduisirent à un arrêt de plusieurs mois de la production. La production maximum a été atteinte en 2012
(50 Gm
3 ) avant que de nouvelles perturbations ne réduisent la production.
Les 2/3 environ de la production sont liquéfiés dans l'usine de Bonny de NLNG (Nigeria LNG, une
association entre NNPC, Shell, Total et ENI). L'usine dispose de six trains de liquéfaction d'une capacité totale
de 22 millions de tonnes de GNL et peut également produire quatre millions de tonnes de GPL. Un septième
train pourrait porter la capacité à 30 millions de tonnes de GNL. Le Nigeria est le cinquième exportateur de
GNL après le Qatar, la Malaisie l'Australie et l'Indonésie. Le GNL nigérian fut longtemps surtout exporté vers
l’écrivain Ken Saro-wiwa, le MOSOP devint une organisation de masse, sur le modèle du mouvement
américain pour les droits civiques. Rapidement très bien implanté localement, le MOSOP noua d’étroites
relations avec d’autres ethnies « pétrolières » de la région, avec des partis d’opposition au niveau
fédéral, ou surtout avec les milieux intellectuels, politiques et médiatiques à l’étranger.
La campagne politico-écologique engagée par le MOSOP contre Shell trouva ainsi un écho international
par l’intermédiaire de grandes ONG transnationales comme Greenpeace ou Human Rights Watch. Sur
place, les exactions contre Shell (sabotage des oléoducs, mitraillage de véhicules, agressions physiques
contre le personnel expatrié ou nigérian, etc.) se banalisèrent au point que la compagnie décida, en
janvier 1993, de se retirer du pays ogoni et d’y fermer ses installations, non rouvertes depuis lors. Cette
décision, sans précédent dans son ampleur, provoqua un durcissement de la part des autorités
nigérianes qui envoyèrent l’armée quadriller le territoire ogoni et accentuèrent la répression contre les
dirigeants du MOSOP. L’arrestation, la condamnation à mort et l'exécution de Ken Saro-wiwa en 1995
provoquèrent une intense mobilisation internationale, diplomatique et médiatique, visant non
seulement le régime du général Abacha mais également Shell, accusé de complicité, au moins passive.
Le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (MEND) créé en 2006 a fait baisser la production
de pétrole de l’État de Rivers de plusieurs centaines de milliers de barils pendant plusieurs années. Ce
mouvement vise au contrôle de l’argent du pétrole considérant que l’État ne prend pas en considération
les demandes légitimes du peuple d’une répartition équitable des revenus ainsi qu’un plus grand respect
des normes environnementales. Une trêve a été décrétée en 2009, la situation était suffisamment grave
pour que le président Umaru Yar’adua décide de la création d’un organe dédié à la recherche de solutions
pérennes aux problèmes de la région. Cette politique a été poursuivie par le président Jonathan Goodluck
après la mort de Umaru Yar'adua.
