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La chimie et le sport
marquée par cette ambivalence entre le « bien » et le
« mieux », le « bien-être »
et le « mieux-être », la santé
et la performance. Ce n’est
pas simplement le point de
vue du sportif de haut niveau
mais aussi celui du sportif
ordinaire, qui fait du sport
pour s’entretenir mais qui, en
même temps, a les yeux rivés
sur les écrans de contrôle qui
lui permettent de vérifi er qu’il
a fait « mieux que la veille et
que l’avant-veille », etc. Même
le sportif ordinaire est habité,
animé par cette dynamique,
jusqu’à la confusion, observée
d’ailleurs dans la publicité,
notamment la publicité pour
l’alimentation qui confond
toujours le « bien-être » et le
« mieux-être ». Aujourd’hui
nous ne devrions manger et
consommer des aliments
essentiellement que pour
être « mieux », pour être plus
performant, pour avoir une
forme optimisée dans notre
vie quotidienne (voir l’ouvrage
La chimie et l’alimentation, pour
le bien-être de l’homme
17 ).
4.3. La notion de corps
« rationnel »
4.3.1. Une révolution
du XXI
e siècle : produire le corps
Comme
évoqué
précédemment, la révolution du
XXI
e siècle correspond à cette
croyance dans la capacité à
produire le corps qui, pour la
première fois, fait émerger
ce qui pourrait paraître
17. La Chimie et l’alimentation,
pour le bien-être de l’homme.
Coordonnée par Minh-Thu DinhAudouin, Rose Agnès Jacquesy,
Danièle Olivier, Paul Rigny, EDP
Sciences, 2010.
comme un oxymore, l’idée
d’un « corps rationnel ». Le
corps rationnalisé est produit
à toutes les étapes de l’existence, de la procréation médicalement assistée jusqu’au
grand âge dont on va répertorier, classifi er, soigner les
maladies. Toutes les étapes
de la vie, de la naissance à la
mort, passent par l’entretien
de soi, la médecine, le soin, la
chirurgie, le sport. Ainsi nous
voilà dans cette perspective
nouvelle d’une production
du corps et de l’idée ou du
fantasme d’un corps désormais « rationnel ».
4.3.2. Le sport de haut niveau :
l’« esprit du capitalisme »
appliqué au corps
Cette idée de rationalité nous
ramène, bien sûr, au XIX
e siècle.
Elle nous renvoie à l’ouvrage
de Max Weber L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme,
c’est-à-dire à une sorte d’ascèse bien particulière qui a
envahi le XIX
e siècle et qui était
liée à l’économie.
Un capitalisme appliqué au
corps ou appliqué au sport
doit être envisagé sous deux
angles : le premier est un
aspect bien connu, strictement économique ; le capitalisme s’est emparé du sport
de haut niveau, aujourd’hui
une valeur marchande. Les
sportifs sont des produits,
avec des produits dérivés
et toute l’économie qui en
découle, avec des différences
évidentes selon les sports et
les niveaux de pratique, Le
deuxième sens de ce capitalisme appliqué au corps, c’est
l’idée nouvelle que le corps
est un capital, notre capital,
dont nous sommes comptable
et c’est une idée nouvelle que
La chimie et le sport
marquée par cette ambivalence entre le « bien » et le
« mieux », le « bien-être »
et le « mieux-être », la santé
et la performance. Ce n’est
pas simplement le point de
vue du sportif de haut niveau
mais aussi celui du sportif
ordinaire, qui fait du sport
pour s’entretenir mais qui, en
même temps, a les yeux rivés
sur les écrans de contrôle qui
lui permettent de vérifi er qu’il
a fait « mieux que la veille et
que l’avant-veille », etc. Même
le sportif ordinaire est habité,
animé par cette dynamique,
jusqu’à la confusion, observée
d’ailleurs dans la publicité,
notamment la publicité pour
l’alimentation qui confond
toujours le « bien-être » et le
« mieux-être ». Aujourd’hui
nous ne devrions manger et
consommer des aliments
essentiellement que pour
être « mieux », pour être plus
performant, pour avoir une
forme optimisée dans notre
vie quotidienne (voir l’ouvrage
La chimie et l’alimentation, pour
le bien-être de l’homme
17 ).
4.3. La notion de corps
« rationnel »
4.3.1. Une révolution
du XXI
e siècle : produire le corps
Comme
évoqué
précédemment, la révolution du
XXI
e siècle correspond à cette
croyance dans la capacité à
produire le corps qui, pour la
première fois, fait émerger
ce qui pourrait paraître
17. La Chimie et l’alimentation,
pour le bien-être de l’homme.
Coordonnée par Minh-Thu DinhAudouin, Rose Agnès Jacquesy,
Danièle Olivier, Paul Rigny, EDP
Sciences, 2010.
comme un oxymore, l’idée
d’un « corps rationnel ». Le
corps rationnalisé est produit
à toutes les étapes de l’existence, de la procréation médicalement assistée jusqu’au
grand âge dont on va répertorier, classifi er, soigner les
maladies. Toutes les étapes
de la vie, de la naissance à la
mort, passent par l’entretien
de soi, la médecine, le soin, la
chirurgie, le sport. Ainsi nous
voilà dans cette perspective
nouvelle d’une production
du corps et de l’idée ou du
fantasme d’un corps désormais « rationnel ».
4.3.2. Le sport de haut niveau :
l’« esprit du capitalisme »
appliqué au corps
Cette idée de rationalité nous
ramène, bien sûr, au XIX
e siècle.
Elle nous renvoie à l’ouvrage
de Max Weber L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme,
c’est-à-dire à une sorte d’ascèse bien particulière qui a
envahi le XIX
e siècle et qui était
liée à l’économie.
Un capitalisme appliqué au
corps ou appliqué au sport
doit être envisagé sous deux
angles : le premier est un
aspect bien connu, strictement économique ; le capitalisme s’est emparé du sport
de haut niveau, aujourd’hui
une valeur marchande. Les
sportifs sont des produits,
avec des produits dérivés
et toute l’économie qui en
découle, avec des différences
évidentes selon les sports et
les niveaux de pratique, Le
deuxième sens de ce capitalisme appliqué au corps, c’est
l’idée nouvelle que le corps
est un capital, notre capital,
dont nous sommes comptable
et c’est une idée nouvelle que
