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La fabrique des surhommes :
corps entraîné, corps dopé, corps augmenté
Figure 10
Les « exosquelettes » : réparation,
amélioration, nouveaux dopages ?
Surnommé « The Blade Runner »
(le coureur aux lames), Oscar
Pistorius court en compétition
handisport avec des prothèses en
carbone.
prothèses, telles celles de
l’athlète Sud-Africain Oscar
Pistorius (Figure 10), né sans
péroné et amputé des deux
tibias à l’âge de onze mois. Il
court avec des prothèses en
carbone qui lui ont permis de
poser sa candidature aux Jeux
olympiques de Pékin pour
concourir avec les valides,
car ses performances sur
la distance du 400 mètres
approchaient
celles
des
minima
olympiques.
Sa
demande a été rejetée sur
la base d’un rapport établi
par l’université du sport de
Cologne, ces prothèses lui
procurant un « avantage »
sur les athlètes valides. Le
conseil de l’Association internationale des fédérations
d’athlétisme (IAAF) a ensuite
décidé que Pistorius ne devait
pas être autorisé à courir aux
Jeux olympiques de Pékin ni
dans les autres compétitions
organisées par la Fédération
internationale.
Quelle signifi cation profonde
peut avoir le mot « avantage »,
puisque Pistorius aurait donc
été à la fois avantagé par
rapport aux valides et bien
évidemment avantagé aussi
par rapport aux handicapés ?
On s’est même demandé s’il
fallait ou non créer une catégorie spéciale pour Oscar
Pistorius. Finalement, il a été
admis à concourir, mais n’a
pas réalisé les minima requis.
Ce cas précis pose la question
du corps fusionné avec l’objet
technique, avec la prothèse,
celle de savoir s’il s’agit là de
la réparation d’un handicap ou
d’une possible amélioration
de la performance. Faut-il
ranger dans la catégorie
du dopage cette pratique,
cet usage d’exosquelettes,
de prothèses de jambes, de
« bras » visuels ou auditifs, de
tout ce qui pourrait améliorer
l’acuité, la vitesse, la dynamique, la détente des sportifs
de haut niveau ? Une réfl exion
sur l’introduction de la technique dans le sport est menée
dans le Chapitre d’après la
conférence de D. Masseglia.
3
Outrepasser
les limites du corps,
jusqu’où peut-on aller ?
Peut-on aller jusqu’à outrepasser les limites du corps ?
L’artiste australien Stelarc,
pratiquant l’art corporel (ou
« body art », voir l’Encart :
« Sterlac, l’homme hydridé »),
interroge les limites corporelles et, dans cette perspective d’une production de soi,
il y a chez lui production d’un
corps dont on outrepasse les
limites. Soit en le mettant en
souffrance comme c’est le cas
dans la Figure 11, puisqu’il est
Figure 11
L’artiste australien Sterlac
en suspension. Art corporel :
production, négation, dénaturation
du corps ?
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