61
Optimisation des performances, complexité des systèmes et confrontation aux limites
paramètre est, en épidémiologie, tout à fait exceptionnel.
La Figure 20 illustre ainsi la
chute impressionnante du
temps du record du monde
du 50 mètres nage libre
masculin : Alexander Popov,
dernier nageur en maillot de
bain l’établit en 21,64 secondes
en 2000. Eamon Sullivan sera
le premier à l’améliorer en
combinaison en janvier 2008.
Il sera suivi d’Alain Bernard
en 21,50 secondes ; Sullivan
établit un nouveau record
en août 2008, Frederick
Bousquet en avril 2009 et
enfi n Cesar Cielo en 20,91
secondes le 18 décembre
2009. La progression de la
performance a été, en moins
de deux ans, strictement équivalente à celle observée au
cours des vingt-cinq années
précédentes.
Les combinaisons en polyuréthane 100 % constituent par
ailleurs un cas très particulier
de l’introduction d’une innovation technologique. Elles
ont été autorisées en févriermars 2009, suspendues en
avril-mai 2009, puis réintroduites pour les championnats
du monde en juillet à Rome,
ce qui avait entraîné une polémique mondiale, avant d’être
(défi nitivement ?) interdites
en janvier 2010. Les résultats
sont remarquables : début
2009, la combinaison est
acceptée, les performances
mondiales progressent de
1,6 %. En avril et mai, elles
est refusée temporairement,
les performances reculent de
la même valeur. Elles sont à
nouveau acceptées pour les
championnats du monde et
toute une série de records
impressionnants est établie à
ce moment-là.
Et ensuite ? Sur la base des
modèles évoqués précédemment, le recul de 1,4% (chez
les femmes) à 1,8 % (chez
les hommes) des temps
réalisés par les dix meilleurs
nageurs mondiaux au cours
de la saison 2010 est en
parfait accord avec les prévisions. Cette situation n’est
pas toujours bien vécue par
les champions : Frederick
Bousquet en octobre 2009
déclarait son malaise, sa
honte même, d’être obligé de
nager « quasiment nu ». L’impact de la combinaison était
donc ressenti comme extrêmement puissant. Béquille
technologique aussi bien que
mentale, ces outils hautement
élaborés étaient un appui dont
les sportifs doivent apprendre
à se passer. Les résultats de
Figure 20
Au 50 mètres nage libre masculin,
l’introduction de la combinaison a
créé une avancée considérable à
partir de 2008. Le meilleur temps
de la saison 2010 est de 21,36
secondes, par F. Bousquet, en recul
de 2,1 % par rapport au record
de C. Cielo. Photo : Frederick
Bousquet (en combinaison rouge,
ligne d’eau numéro 3) au départ de
la fi nale du 50 mètres nage libre
des championnats de France le 26
avril 2009. Il remporte la course
en réalisant un nouveau record du
monde en 20,94 secondes.
Optimisation des performances, complexité des systèmes et confrontation aux limites
paramètre est, en épidémiologie, tout à fait exceptionnel.
La Figure 20 illustre ainsi la
chute impressionnante du
temps du record du monde
du 50 mètres nage libre
masculin : Alexander Popov,
dernier nageur en maillot de
bain l’établit en 21,64 secondes
en 2000. Eamon Sullivan sera
le premier à l’améliorer en
combinaison en janvier 2008.
Il sera suivi d’Alain Bernard
en 21,50 secondes ; Sullivan
établit un nouveau record
en août 2008, Frederick
Bousquet en avril 2009 et
enfi n Cesar Cielo en 20,91
secondes le 18 décembre
2009. La progression de la
performance a été, en moins
de deux ans, strictement équivalente à celle observée au
cours des vingt-cinq années
précédentes.
Les combinaisons en polyuréthane 100 % constituent par
ailleurs un cas très particulier
de l’introduction d’une innovation technologique. Elles
ont été autorisées en févriermars 2009, suspendues en
avril-mai 2009, puis réintroduites pour les championnats
du monde en juillet à Rome,
ce qui avait entraîné une polémique mondiale, avant d’être
(défi nitivement ?) interdites
en janvier 2010. Les résultats
sont remarquables : début
2009, la combinaison est
acceptée, les performances
mondiales progressent de
1,6 %. En avril et mai, elles
est refusée temporairement,
les performances reculent de
la même valeur. Elles sont à
nouveau acceptées pour les
championnats du monde et
toute une série de records
impressionnants est établie à
ce moment-là.
Et ensuite ? Sur la base des
modèles évoqués précédemment, le recul de 1,4% (chez
les femmes) à 1,8 % (chez
les hommes) des temps
réalisés par les dix meilleurs
nageurs mondiaux au cours
de la saison 2010 est en
parfait accord avec les prévisions. Cette situation n’est
pas toujours bien vécue par
les champions : Frederick
Bousquet en octobre 2009
déclarait son malaise, sa
honte même, d’être obligé de
nager « quasiment nu ». L’impact de la combinaison était
donc ressenti comme extrêmement puissant. Béquille
technologique aussi bien que
mentale, ces outils hautement
élaborés étaient un appui dont
les sportifs doivent apprendre
à se passer. Les résultats de
Figure 20
Au 50 mètres nage libre masculin,
l’introduction de la combinaison a
créé une avancée considérable à
partir de 2008. Le meilleur temps
de la saison 2010 est de 21,36
secondes, par F. Bousquet, en recul
de 2,1 % par rapport au record
de C. Cielo. Photo : Frederick
Bousquet (en combinaison rouge,
ligne d’eau numéro 3) au départ de
la fi nale du 50 mètres nage libre
des championnats de France le 26
avril 2009. Il remporte la course
en réalisant un nouveau record du
monde en 20,94 secondes.
